L'Asie en Danseuse

Présentation

Bolivie : le Gran Poder

A La Paz, la fête la plus importante de l’année est organisée en l’honneur du Señor del Gran Poder. Ne serait-ce pas Jesus lui-même, caché derrière cette appelation pompeuse ? Bref. Il est si important de défiler en son honneur que plus de 50 000 danseurs et musiciens se réunissent dans les rues de La Paz, de 8h du matin à la fin de la nuit, pour un carnaval unique. Chaque année, l’intégralité des costumes est renouvelée. Autant dire qu’un vrai business est alimenté par cette fête religieuse. Certains tailleurs, brodeurs, cordonniers, etc, travaillent une bonne partie de l’année exclusivement pour le Gran Poder. Chaque corporation ou communauté est prête à investir pour se montrer sous son meilleur jour lors de la fête : question de prestige ! Lorsqu’on assiste au défilé, on oublie rapidement l’origine de la chose. Mais religion et commerce font bon ménage à La Paz.

Chaque groupe représente un groupe social, une ethnie. Nous vous les présentons rapidement.

Caporales : personnification du contremaître des esclaves noirs amenés en Amérique. Cette danse et ces personnages est donc d’origine post-hispanique, comme la Morenada. Elle provient des Yungas, une région située au nord de La Paz.

Kullawada : ce sont des couples Aymara dansant pour l’Inca. La danse est originaire de l’altiplano. Ils tiennent une quenouille dans la main, signe de leur métier de tisserand.

Morenada : Cette danse tient ses racines dans les régions minières (Potosi et Oruro). Elle représente le déplacement des esclaves noirs jusqu’aux marchés où ils seront vendus. Les crécelles représentent le bruit des chaînes qui cognent contre les pierres. Lorsqu’un esclave tombait, les autres allaient également au sol, rompant la marche.

Tundiquis : Danse et groupe originaire des hautes vallées subtropicales comme les Yungas, avec une forte influence d’éléments natifs et populaires de cette région. L’Aymara, homme libre depuis ses origines a toujours admiré l’homme noir pour sa patience et son caractère rebelle. Il reconnaît en l’homme noir un frère de lutte pour la liberté et lui rend donc hommage.

Tobas : Originaires de la région du Chaco (sud-est de la Bolivie), peuple orgueilleux et libre. Malgré le déplacement de la majorité de sa population dans la zone de l’altiplano, sous l’empire Inca, il conserve ses rites, ses coutumes et ses pratiques cérémonielles. Dans le carnaval, ils ont ainsi conservé une empreinte traditionnelle dans leur danse, que ce soit dans les mouvements ou dans les costumes.

Waka waka : L’introduction d’élevages vaccinés a permis à plusieurs familles Aymara de faire des élevages de bovins. La vache et le boeuf ont alors pris part dans les rituels aymaras. Initialement rurale, cette danse mettant en scène des personnages chevauchant un boeuf a été introduite dans les grandes villes et à La Paz grâce aux fêtes indigènes et métisses.

Tinkus : Le "Tinku", qui vient de la région de Potosi, signifie "rencontre" ou "afrontement" entre deux communes. C’est une parodie d’une coutume très ancienne. Dans la réalité l’affrontement se fait dans la place principal, avec des regles bien précises et sous la surveillance des autorités. Hommes et femmes se battent jusqu’à que le sol soit couvert de sang. C’est un rituel en hommage à la "Pachamama", (la terre), car pour qu’il ait une récolte abondante il fallait la couvrir de sang.

Llamerada : c’est une des danses les plus anciennes du folklore bolivien et provient de la culture aymara. Elle représente la relation entre l’homme des Andes et les camélidés (lama, alpaga, vigogne). Hommes et femmes portent une fronde dans la main droite, symbole des bergers.

Incas : cette danse montre les expressions originales de l’empire Inca. Elle est originaire de la culture quechua, aux tons mélancoliques. Le cortège commence par la représentation de la capture et de la mort d’Atahualpa ainsi que la grande quantité d’or que l’empereur avait offert au conquistador.

Diablada : l’exploitation minière en Bolivie existait déjà avant la période de Tiwanaku (du Vème-XIème siècle). Supay, ou le génie du mal, qui faisait du mal aux êtres humains, était le possesseur de toutes les richesses du monde et spécialement des mines. Durant la colonie, Supay et le diable (issu du catholicisme) se sont confondus. Aujourd’hui encore, les mineurs lui font des offrandes avant d’entrer les galeries pour éviter sa colère. La danse des diables a débuté à Potosi, au 18ème, puis à Oruro. Entre les personnages démoniaques dansent quelques hommes déguisés en animaux comme le condor ou le puma. Derrière, l’ange apparaît avec son casque brillant, ses yeux vitreux, son bouclier et ses vêtements blanc ou bleu ciel.

Les danses folkloriques boliviennes expriment la rebellion et l’opposition à l’exploitation et à la discrimination de la colonisation espagnole. C’est ici que s’exprime l’esprit indigène contre l’injustice et les abus, à travers la chorégraphie, la musique et les costumes.

Les photos et les vidéos vous permettront de vous plonger un peu plus dans l’ambiance de la plus grande fête de l’année dans la capitale bolivienne. Comme d’habitude, on a eu du mal à faire le tri alors prenez garde à l’overdose de fanfares si vous regardez l’intégralité des vidéos !!!

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