L'Asie en Danseuse

Présentation

La Paz : Vida, feria y fiesta

Pas de regrets

Depuis Cochabamba le bus nous ramène sur l’altiplano. La montée est belle, spectaculaire, mais la suite, on la connaît déjà : les hauts plateaux pelés à plus de 4000 mètres, les villages desolés, le tout sur une bonne centaine de kilomètres. Seul, à l’approche de La Paz, l’Illimani vient rompre la monotonie du paysage. Sa masse blanche apparaît, petit à petit, et il s’impose. Un massif relativement isolé, qui culmine à plus de 6400 mètres d’altitude, ça ne laisse pas indifférent ! Malgré cela, on n’est pas mécontents d’avoir fait le trajet en bus. La Bolivie à vélo, ça use.

V.I.E.

On avait beaucoup entendu parler de la ville de La Paz. De sa situation géographique, de son ambiance, de ses marchés. On était impatient de la découvrir. Mais tout est plus vivant, plus impressionnant, étonnant que ce que l’on avait imaginé. Vivantes les rues de la ville avec les commercants sur les trottoirs, les marchés animés, les "crieurs" aux portes des mini-bus... Impressionnante la quantité de maisons de briques (et de broc) qui s’amoncellent sur les pentes incroyables qui entourent la ville... Etonnant le mélange d’architectures de toutes les époques, de tous les styles, avec parfois même des associations incongrues (un bâtiment de style 19ème surmonté d’une tour en verre).

Ferias & Fiestas

Les marchés et les fêtes sont au coeur de la vie de La Paz. Les corporations de commerçants permettent à chacun de gagner le minimum. On se demandait comment pouvaient s’en sortir ces femmes qui vendent seulement quelques pommes ou quelques boîtes de conserve sur le trottoir. Mais elles ne sont pas seules. D’autres membres de leur famille ou de leur communauté, qui gagnent plus, partagent leur revenu et leur permettent de vivre dignement. A l’occasion du Gran Poder, par exemple, les commercants les plus fortunés distribuent de l’argent pour pouvoir renouveler les costumes et organiser l’évenement. L’honneur et le prestige sont bien plus importants que la richesse elle-même et ce sont eux qui vous élevent sur l’échelle sociale. Le Gran Poder qui est à la base une fête religieuse semble être aujourd’hui l’occasion de montrer cette cohésion sociale mais aussi la richesse et la diversité culturelle de la Bolivie.

Iditenté

Le gouvernement a recement voté une loi imposant l’apprentissage de l’Aymara ou du Quechua a l’école, en plus de l’espagnol. Il est aujourd’hui obligatoire de maîtriser l’une des 2 langues pour entrer a l’université. La conservation des traditions s’exprime également dans la façon de s’habiller. Dans la capitale, chez les femmes, la tenue traditionnelle est revenue en force. C’est une manière de montrer son identité. Et sans un oeil avisé, on ne peut déceler le fait que de véritables modes se succèdent (couleurs, matières, ornements,...). Les cireurs de chaussures ont également réagi face a l’indifference des gens envers leur condition et leur existence même. Depuis quelques années, ils travaillent avec le visage caché par un passe-montagne. De cette facon on les distingue et quand ils vous parlent, vous les regardez... dans les yeux.

Alfonso

Cette diversité culturelle, cette identité, c’est ce pour quoi se bat Alfonso. Cet homme engagé, défenseur du peuple bolivien, au riche passé activiste et politique nous a reçus avec générosité et nous a appris énormément sur la société bolivienne. Toujours en activité (il mène actuellemet un projet d’aide et de developpement des communautés du lac titicaca), excellent musicien, cuisinier, conteur... il prépare également un voyage a vélo avec sa compagne qui le mènera de la Suisse jusqu’en Inde. Il n’a que 53 ans, une vie déjà bien remplie et la tête encore pleine de projets. Impressionnant.

Couchsurfing

Alfonso, on l’a rencontré grace au site "couchsurfing". Je ne sais pas si on en a déjè parlé. Mais il nous semble important de le faire. Grâce a ce réseau internet vous pouvez etre hébergé ou recevoir, et ainsi faire des rencontres avec des gens de tous horizons. Le principe est simple : vous vous inscrivez sur le site www.couchsurfing.com, établissez votre profil pour vous présenter en quelques lignes et décrivez les conditions d’hébergement que vous pouvez offrir (du simple canapé a l’appartement privé, en passant par la chambre d’amis). Si vous voyagez, vous pouvez donc bénéficier de l’hospitalité des membres de ce site. Si vous êtes a la maison, vous pouvez filer un coup de pouce aux oiseaux de passage. La relation s’arrête parfois à la simple rencontre, mais bien souvent, des liens plus forts se créent si on prend le temps de se connaître. Parmi nos hôtes, un acteur de théâtre argentin, un jeune indien engagé, une femme d’affaires vietnamienne, un couple d’argentins au chômage, un homme politique bolivien, un designer iranien... De retour en France, nous serons ravis de rendre service a notre tour !

Repos et Retrouvailles

Grâce à cela nous sommes à La Paz, dans un lieu calme, douillet... On écoute de la bonne musique, on cuisine, on travaille sur le site, on profite de la fête du Gran Poder, on passe de bonnes soirées avec Diego, un argentin de passage lui aussi, Sylvain et Emmanuella (un couple suisso-italien qui voyage aussi à vélo, qu’on avait rencontré en Argentine)... et Alfonso bien sûr. On retrouve aussi Emilie et Jeremie, des "motorisés" qu’on avait rencontrés à Salta, en Argentine. Ils nous emènent faire une belle ballade dans la vallée de la lune et à Las Animas. Bon, la vallée de la lune, ça casse pas des briques mais on a passé une très bonne journée. On a aussi passé une journée sur nos bicyclettes, sans les bagages, pour descendre l’ancienne route de Coroico, aujourd’hui appelée "route de la mort"... ça attire plus de touristes...

(Désolé Millette, tu devras attendre le prochain article pour voir à quoi elle ressemble, cette fameuse route !)

Le bonheur est dans le pré

"La ultima casa" de Roberto Alem, premier prix au festival de cinéma des droits de l’homme à Sucre, mai 2009. Ce moyen métrage traite du droit à l’identité des peuples indigènes et de la recherche d’un style de vie alternatif à la société de consommation. Le documentaire a été tourné en territoire guarani, à la frontière avec le Paraguay. En voici le résumé d’Alfonso (qui n’est autre que le frère du réalisateur).

Une famille de guarani, vivant dans le fin fond du Chaco, à la frontière du Paraguay s’est vue céder des terres par les anciens propriétaires après la guerre. Depuis elle la cultive, vit heureuse dans son élément, en autosuffisance. Après le tournage, Evo Morales les a reçus. Il leur a demandé si ils avaient besoin de quelque chose. Un tracteur par exemple, pour améliorer le rendement ? La réponse est non. Le tracteur nécessite de l’essence, demande de l’entretien, des mécaniciens... et puis ils n’en n’ont pas besoin. Tout va bien. Une école, des enseignants, pour leur apprendre à lire, à ecrire ? La reponse est non. Ce qu’ils doivent enseigner à leurs enfant ils le leur enseignent eux-même. Nul besoin d’école. Par contre, à leur tour, ils demandent deux choses au président. La première, c’est qu’il vienne passer une semaine chez eux pour se reposer, s’aérer l’esprit pour avoir de meilleures idées et mieux gouverner. La deuxième c’est de leur signer des actes de propriété pour qu’aucune entreprise (pétrolière, forestière,...) ne vienne exploiter leur terre.

Parece muy interessante, no ? A ver...

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