L'Asie en Danseuse

Présentation

Laos 2 : Vientiane, capitale tranquille (du 1er au 18 nov. 2008).

Ca dépote !

Notre première journée à Vientiane est productive. On commence par faire notre demande de visa à l’ambassade du vietnam. Puis on se rend au centre culturel français où l’on obtient l’adresse de l’école nationale de danse et de musique. On se rend également au lycée français ou l’on rencontre une prof qui nous donne l’adresse du médecin français. Gé espère enfin pouvoir se soigner ! A midi, on découvre les sandwichs au pâté à la sauce piquante (un subtil mélange franco-lao) et on rencontre 3 laos qui parlent français. Ceux-ci ont vécu longtemps à Saint Bonnet les Oules (ça ne vous dit surement pas grand chose, c’est un petit bled dans la région de Saint-Etienne) puis sont revenus s’installer a Vientiane... Alors autant vous dire que ça papote dur avec Gérald !

Diagnostic du médecin français : Gé n’a pas été "parasité" mais a bel et bien contracté un zona. Il n’y a plus rien à faire, juste attendre que le virus disparaisse. C’est le stress et la fatigue de notre fameuse journée "traversées de rivières", il y a deux semaines, qui l’a provoqué. Le remède ? Repos, repos, repos. Ça tombe bien, c’est ce que l’on comptait faire à Vientiane. Ensuite on rencontre Anoushit, une française d’origine lao qui est en stage à l’ambassade de France. Elle va nous héberger plusieurs jours, en plein coeur de la ville. Et pour commencer, elle nous convie à sa crémaillère. On découvre alors le marché de nuit pour les préparatifs de la soirée ainsi que le vendeur de vin, juste à côté de chez elle. Une petite soirée sympa avec de la nourriture lao et du vin rouge français. Une journée bien agréable et bien remplie.

L´héritage de la présence française

A Vientiane, il n’y a pas que le vin rouge et les sandwichs au pâté qui rappellent l’époque du protectorat français... L’architecture coloniale est omniprésente dans le centre, les églises côtoient les temples bouddhistes, et les deux édifices principaux de Vientiane sont le That Luang et l’Arc de triomphe. Les terrains de pétanque animés jouxtent le marché de nuit avec ses spécialités culinaires lao, le centre culturel français produit un cabaret lao, les boulangeries fines et les restaurants français se sont installés non loin du Mékong ou l’on peut déguster du poisson grillé, des nems ou du laap sur des nattes et des tables basses. On ne s’attendait pas à une telle influence française mais les deux cultures semblent vivre en harmonie.

Chez Anou

On passe une semaine tranquille. Il pleut. On sort peu, on essaie de mettre le site à jour, on regarde des films, on trie nos photos et nos vidéos. Anou, elle, est très sollicitée par sa famille. Ses oncles, tantes, cousines,... ne tarissent pas d’arguments pour l’inviter, pour l’inciter à loger chez eux. Difficile de gérer une volonté d’indépendance et le désir de découvrir la culture de sa famille et de partager des moments avec eux ! Mais le principal c’est que chez elle on se sent bien et on arrive quand même à passer un peu de temps avec elle. Elle nous fait découvrir les marchés de jour (le Thalat Sao et le Thalat Kua din), le marché de nuit, les petits restos sur le bord du Mekong ainsi que ses amis, ses collègues et sa famille.

Conditions précaires !

Reçus et guidés par le directeur en personne, nous visitons l’école nationale de musique et de danse traditionnelle du Laos. Malgré les conditions de travail, de répétition, les élèves nous impressionnent par leur sérieux et leur niveau. D’autant plus que les classes sont minuscules, les danseurs se marchent sur les pieds, que les profs ne sont pas toujours présents et que les salles de musiques ne sont pas du toutinsonorisées. Et c’est sans parler du nombre de musiciens par classe, qui ne jouent pas forcément la même chose... Une véritable cacophonie !

Visas

On se fait d’abord une frayeur à l’ambassade du Vietnam. Nos visas sont prêts mais la date de fin de validité est le 20 décembre. Nous sommes déja le 4 novembre, on compte rester encore un moment à Vientiane pour se reposer, pour visiter l’école de danse, pour réparer les vélos... Ensuite il nous faudra au moins 15 jours pour atteindre la frontière vietnamienne. Ça va faire très court pour aller jusqu’à la baie d’Along avant le 20 décembre !!! Mais lorsqu’on soulève le problème, le fonctionnaire vietnamien nous dit, avec son accent à l’américaine, qu’ils ont été "gentils" puisque notre visa dure 40 jours au lieu de 30, qu’on peut entrer dès le 10 novembre (mais ça on s’en fout et ce n’est pas ce que l’on avait demandé) et que cette date butoir du 20 décembre concerne notre entrée au Vietnam et non notre sortie. Son discours n’est pas très convaincant, on redemande confirmation, ça le vexe, mais il confirme. Bon. On verra. On n’a plus le choix. Les 45 dollars sont partis et le papier est signé...

Ensuite il faut gérer le visa du Laos. Vientiane est à 20 km de la frontière thaïlandaise. Au bureau de l’immigration, on demande un renouvellement du visa. 30 dollars pour 30 jours. Mais non, il n’est pas possible de le renouveler ici. On ne peut que le prolonger et c’est 2 dollars par jour. Pour le renouveler, il faut passer en Thaïlande et revenir. Qu’à cela ne tienne, on fera une ballade de 20km pour aller jusqu’en Thaïlande et refaire un visa lao. C’est un peu ridicule mais les autorités... c’est comme ça.

Et ce sera l’occasion de rencontrer Amanda et Olivier, un couple de voyageurs à vélo couché, qui arrivent de Thaïlande. Sur internet, ce sont les "globicyclette". On se rencontre au poste frontière thaïlandais et hop ! on fait demi-tour pour faire faire notre visa lao ensemble. On aura passé une demi-heure en Thaïlande, à papoter, changé 2 fois de sens de circulation, et refait 20 km dans le sens inverse pour se retrouver tous les 4 à Vientiane autour d’une bière et d’un sandwich au pâté. Ma foi, cette journée s’est plutôt bien déroulée pour, au départ, des formalités administratives rarement agréables...

Déménagement et rechute

Anou est partie dans le sud du pays avec sa soeur, alors c’est Aline qui nous reçoit chez elle. Une véritable oasis : une vraie cuisine, une machine à laver, de la bonne musique, un lecteur de DVD et de bons films, le grand confort, un ordi, un chouette decor, 2 chattes adorables et un peu folles et surtout, Aline avec son sourire et son grain de folie. Malheureusement, Gérald rechute. Une colique nephretique le terrasse (chez Anou il n’y avait pas d’eau potable alors il fallait faire bouillir l’eau du robinet. On a pas assez bu...). Aline couve une petite grippe. Miette, la chatte se coince la patte dans la grille. Alors une fois ma petite courante (un sandwich au pâté pas très frais) passée, je fais des aller-retour au marché, je fais la cuisine et je m’occupe de la réparation des vélos. Le cycliste-entraîneur-vendeur-réparateur est débordé, pas très aimable mais très compétent. On lui laisse Schmerber puis Scorbut sans aucune crainte. Gé reste allongé, regarde des films, en faisant des interruptions fréquentes... direction les toilettes. Le pauvre est plié en deux et les anti-biotiques ne font pas effet. Les douleurs augmentent, la fièvre aussi alors il retourne chez le médecin. Ses tarifs sont prohibitifs mais il y a urgence !

Boun That Luang

Il ne pourra même pas assister à la fête du That Luang. Dès 5 heures du matin, des milliers de pélerins se rendent au pied de cet édifice religieux qui contiendrait des reliques de Bouddha. Aujourd’hui, des centaines de moines venus de tous le pays s’installent aux alentours du That Luang. Les pélerins passent tour à tour pour leur faire des offrandes. Du riz, des billets, des fleurs, des biscuits, de l’encens, des bougies... Chaque objet ou aliment est d’abord porté au front avant d’être déposé dans les urnes. Avant que ne commencent les offrandes, des remerciements personnels sont diffusés puis ce sont des prières qui s’enchaînent. C’est alors que les dons commencent. Dans un calme impressionnant, des milliers de personnes défilent devant les moines, alignés et tout d’orange vêtus. Les pélerins, eux, portent tous une écharpe et les femmes sont en jupe. Il y a aussi un petit groupe de nonnes, toutes de blanc vêtues. Ces femmes ne sont pas vénérées comme les moines, elles sont tolérées dans l’enceinte du temple, elles y vivent également mais ne sont pas considérées de la même façon. Pour vous plonger un peu plus dans l’ambiance, regardez plutôt les photos et les vidéos.

En marge de cette fête religieuse se déroule une foire ou l’on trouve essentiellement des jeux (fléchettes, toboggans gonflables, petits trains...) et des stands de nourriture, notamment des insectes frits. On a gouté... ça croustille mais ça n’a pas vraiment de goût.

19 jours,... c’est trop court

Notre séjour à Vientiane, malgré l’état de santé de Gérald, a éte réellement reposant. C’est une capitale calme, tranquille, sereine. On y circule à vélo, sans stress. On y fait son marché, on profite des avantages du centre culturel (expos, presse, projections), des restaurants français (un steack-purée maison avec un verre de rouge, c’est quand même un pur bonheur), des restaurants lao qui sont également très appréciables. On y trouve des produits biologiques et des produits du commerce équitable de bonne qualité,... Bref, on s’y sent bien. Il parait qu’il y a des postes d’instit et de prof d’EPS qui se créent l’année prochaine...

Petit retour à la dure réalité

La veille de notre départ, Aline est victime d’un accident de scooter. Deux jeunes, sans lumière et sans casque la renversent. Heureusement, elle n’a rien. Les deux jeunes se sont bien égratignés le visage et rejettent la faute sur Aline... Un policier arrive après 2 heures d’attente (les 2 scooters sont au milieu de la route, dans la nuit noire - c’est la loi au Laos, lorsqu’il ya un accident, il ne faut toucher à rien tant que la police n’est pas sur place), trace les empreintes des scooters sur le bitume,... puis s’en va. Les passants se rangent bien sûr du côté des jeunes qui sont manifestement en tort. Un seul homme prend la défense d’Aline. Ce n’est pas suffisant. Elle est française... c’est elle qui doit payer. C’est la seule règle valable... Et il ne faut rien espérer de plus de la part de la police. Autant s’arranger à l’amiable.

Merci les filles !

Anoushit, Aline, vous avez été patientes et formidables. Ce passage à Vientiane reste un moment spécial dans notre voyage. Au grand plaisir de vous revoir ! ainsi que tous les autres : Antoine, Florent, Mani, Thierry,... et on en oublie. Gé est maintenant en meilleure forme pour profiter à fond de la soirée "plage" !

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