L'Asie en Danseuse

Présentation

Cambodge 2 : Les pieds dans l'eau (du 29 sept. au 13 oct. 2008)

Contrastes

Le passage de la frontière entre la Thaïlande et le Cambodge, a Poipet, ne peut pas laisser indifférent. En quelques mètres, on passe...

De l’asphalte bien lisse à la boue et aux gravas,

Des mobylettes flambant neuves aux charettes à main

Des gens bien propres sur eux, portant ce seyant polo rose aux armoiries de la famille royale aux gamins vêtus de fripes et mendiant sur le trottoir

Des bus à étage climatisés aux "toutoutou" (motoculteurs tractant une plate-forme sur laquelle s’agglutinent les passagers)

Du pick-up impeccable et lustré à la Camry déglinguée et couverte de boue

Des stations services imposantes aux petites cahutes en bois avec pour étalage quelques bouteilles de soda remplies d’essence.

De la conduite à gauche à la conduite à droite

Du silence au bruit des klaxons...

Y’a pas ecole ?

Quand on retrouve le bitume, à la sortie de Poipet, ça roule encore beaucoup. Il n’y a aucune signalisation, ni au sol ni sur le bord de la route, alors chacun circule comme il peut, à grands renforts de klaxons pour s’octroyer le passage. Aïe ! Ca ne nous manquait pas, les klaxons ! Les gens paraissent assez excités, il y a beaucoup de monde, beaucoup d’enfants surtout (on apprendra par la suite que 50% de la population du Cambodge a moins de 25 ans !). La plupart nous saluent, les "hello !" fusent de partout... On est lundi...Y’a pas école ?

A tes souhaits !

Ben non, y’a pas école, c’est férié. C’est "Pchum Ben" !

Pchum Ben, c’est la fête des morts pour les bouddhistes au Cambodge, un peu l’équivalent de la Toussaint pour les chrétiens. Elle est considérée comme la deuxième fête la plus importante de l’année après celle du nouvel an.

Le dernier jour de cette période de 15 jours, la famille vient faire des offrandes, se recueillir et prier pour ses ancêtres. Ainsi ils cherchent à ameliorer leur karma pour les ramener sur le chemin de la réincarnation.

La célébration se fait pendant la "Retraite des Pluies*" où, d’après les règles de la discipline bouddhique, les moines doivent rester dans le monastère et éviter les longs déplacements.

Pchum Ben est une occasion pour se réunir et apporter les aides nécessaires aux moines et aux monastères sur le plan matériel en général, mais c’est surtout une manifestation permettant d’exprimer sa reconnaissance envers ses ancêtres.

(*) On aura l’occasion d’assister aussi à la célébration de la fin de la retraite des pluies au Laos, sur les rives du Mékong...

Bain de foule

On assiste plutôt au côté festif de Pchum Ben. Alors qu’il y a de plus en plus de monde sur la route, un jeune à moto nous explique ce qui se passe aujourd’hui et nous invite à le suivre. On a tellement tracé en Thaïlande pour sortir avant l’expiration du visa qu’on souhaite maintenant prendre notre temps et profiter. On y va. On prend un chemin où se pressent des centaines de personnes. La foule devient si dense qu’on doit laisser les vélos. Impossible d’aller plus loin. Et puis le chemin devient impratiquable. Gérald veille sur Schmerber et Scorbut pendant que je vais voir en quoi consiste cette fête.

Le chemin caillouteux se transforme en une piste glissante. Une boue claire et liquide recouvre le chemin. Au début, chacun tente de la contourner, évite d’y plonger les orteils, voire d’y laisser ses tongs. Mais tout le monde finit par en avoir jusqu’aux chevilles et patauge joyeusement. De toutes façons, un peu plus loin, il faut passer une rivière à gué... enfin a gué... on a quand même de l’eau jusqu’aux cuisses ! La rivière déborde de son lit mais tout le monde traverse, les plus jeunes comme les plus vieux pour se rendre plus loin, dans d’immenses paillottes sur pilotis, prendre le repas de midi en famille. Certains s’attardent dans l’eau, se laissent dériver sur des chambres à air de tracteur ou se balladent en pirogue, à travers les rizières inondées.

Près des paillottes sur pilotis, l’eau est encore plus abondante, le courant plus fort et l’étendue d’eau plus impressionnante. Alors pendant que les parents déjeunent, les enfants se jettent dans le courant. Comme la plupart ne savent pas nager, ils s’accrochent aux chambres à air et se laissent porter jusqu’aux constructions pour pouvoir sortir de l’eau. Certains portent des gilets de sauvetage et/ou restent accrochés à une ficelle tenue par un de leur copain resté sur la berge.

Pendant ce temps, les parents mangent sur des nattes étalées sur les planchers dépassant a peine de l’eau. Au menu : crabes, friture de poissons, volatiles qui mijotent encore, les pattes en l’air... et d’autres mets encore inconnus pour nous.

Les gens sont souriants, l’ambiance est joyeuse, il fait beau et chaud. Aujourd’hui, on célebre les défunts.

Attention, terrain miné !

Sur le chemin du retour on se retrouve coincés dans le flot de motos et de voitures qui ne tarde pas à s’arrêter complètement. Rien n’a été prévu pour évacuer tout ce monde. Le chemin est trop étroit alors certaines motos s’échappent par les rizières. On serait tentés de les suivre car il est 14h, le soleil cogne fort et on a faim, mais avec notre chargement on a peur de s’enliser et surtout, surtout, de mettre les pieds sur une mine. En effet, on nous a mis en garde : ne vous éloignez pas des routes et des chemins empruntés par les voitures, au risque de tomber sur une mine antipersonnel.

En quelques chiffres : le Cambodge fait partie des 3 pays les plus touchés au monde. Depuis 1970, 60 000 civils ont été tués par des mines ; depuis 1989, date du retrait des troupes vietnamiennes, 35000 personnes ont été amputées. En 2007, il y a encore eu 38 morts et 170 blessés...

Alors pour aujourd’hui, on prendra notre mal en patience, pour les arrêts pipi, il vaudra mieux être vus qu’y rester et pour le camping, ce sera chez l’habitant ou dans les monastères.

Fin de journée, toujours mouillés

Le soir, la ville de Sisophon est plongée dans le noir. Il n’y a pas d’eclairage public... a part sur une place où tournent des petits manèges faits de bric et de broc. On est loin du sky-train de Bangkok ! Munis de nos frontales, on cherche de quoi manger (une assiette de riz, quoi). L’orage monte, une pluie diluvienne s’abat sur nous. La route se transforme en une rivière boueuse. Comme nos recherches sont infructueuses, on demande aux passants où l’on peut trouver une gargotte. L’un d’eux nous emmène alors sur sa mobylette, qui soulève de grandes gerbes d’eau et nous éclabousse. Une heure plus tard, après le repas, on rejoint notre petite pension à pieds, toujours les pieds dans l’eau...

Cette première journée au Cambodge, entre Poipet et Sisophon, aura été bien remplie, intéressante, vivante, surprenante, dépaysante,... et humide !

La vie sur la route

Depuis qu’on est entrés au Cambodge, il semble que la vie s’organise autour de la nationale. On ne voit que très peu de routes secondaires, et lorsqu’il y en a, ce sont des pistes boueuses ou inondées. Bon, la nationale n’est pas en bien meilleur état mais c’est l’axe de circulation principal.

Depuis la route, ou plutôt la piste, une bande de terre émergeant des rizières inondées, on voit les enfants se baigner et jouer. Leur vélos sont posés au bord de la route. Les adultes pêchent au filet ou assomment des rats qui sortent le bout de leur museau du talus. Les buffles d’eau sont aux anges et les vaches se prélassent sur la piste. Les motoculteurs aménagés pour servir de transport en commun transportent des passagers sur leur remorque. Les adultes portent le Krama, une pièce de tissu à carreaux rouges, enroulée autour de la tête. Les quelques villages sont en fait une suite de petites maisons en bois ou en bambou qui longent la piste. Comme il n’y a pas d’électricité, il n’y a pas de réfrigérateur. De gros blocs de glace sont acheminés puis entreposés sous de petits abris et enfouis dans de la sciure. Il semble que ce système soit efficace puisque dans l’après-midi, par 35 degrés à l’ombre, ils sont encore en bon état. Les clients viennent en briser un morceau et le conservent dans leur glacière... jusqu’au lendemain. Inutile de chercher une boisson "fraîche" ; au mieux, elle est "pas chaude".

Monsieur Te Tuymo

Sur les 105 km de piste entre Sisophon et Siem Reap, il n’y a quasiment rien. On ne sait pas ce qu’on va manger, à part quelques biscuits secs dégotés dans une "épicerie". Mais on a la chance de rencontrer Te Tuymo. Installé sous une paillotte sur pilotis, il partage un repas avec toute sa famille, en ce lendemain de Pchum Ben. Les plus âgés mangent et boivent de la bière, surtout,.. et les plus jeunes se baignent.

Comme la plupart des gens de sa génération (il doit avoir entre 50 et 60 ans) qui ont reçu une éducation, il parle francais. Il est donc heureux de discuter avec nous, de nous offrir à manger et ainsi nous faire découvrir une part de sa culture. Il nous parle de son histoire personnelle, de l’histoire du Cambodge. Une histoire récente, qui n’a pris fin qu’en 1979. "3 ans et 8 mois..." nous répète-t-il plusieurs fois. 3 ans et 8 mois sous le régime des Khmers Rouges, dirigé par Pol Pot. Ce dernier avait décidé de faire du Cambodge une énorme coopérative agricole. "Il obligeait les gens à travailler du lever au coucher du soleil, sans rien leur donner à manger. Hommes, femmes, jeunes, vieillards... tout le monde devait travailler, en pleine chaleur. Ceux qui refusaient de travailler étaient exécutés sur le champ, à coups de pioche". C’est ainsi que Te Tuymo a vu disparaître 3 de ses 4 frères et soeurs...

Depuis la fin de cette période tragique, il nous dit que c’est plus calme mais que tous les partis politiques sont pourris, corrompus, qu’ils s’en mettent plein les poches mais ne font rien pour le peuple. Et il ajoute qu’il peut parler avec nous parce qu’on est étranger et que les membres de sa famille ne comprennent pas le francais. Il ne pourrait pas avoir ce type de discussion politique avec des Cambodgiens... La liberté n’est pas encore acquise...

De la piste, encore, et Angkor

Une journée bien remplie : 55 km de piste tantôt boueuse tantôt poussiéreuse, des dizaines et des dizaines de " Hello ! ", un repas en famille et un petit plongeon dans les eaux de la mousson, un gros coup de barre au bout de 80 km... mais les temples d’angkor sont a portée de roue avant la fin de journée. Un dernier effort pour parcourir les 25 derniers km de piste de plus en plus défoncée, pour enfin atteindre Siem Reap et son bitume lisse et reposant à la tombée de la nuit. On a réussi ! Demain, on partira à la découverte de ces merveilles d’architecture et d’art khmer...

Les temples d’Angkor

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Prolongations

Partir de Siem Reap, c’est un peu douloureux. Il y a tant à voir encore ! Il faudrait des jours pour en faire le tour. Alors sur le chemin du départ, on fait un petit crochet du côté du groupe de temples de Roluos, au Sud-Est d’Angkor. On peut y voir le temple du Bakong, le 1er "temple montagne", entouré d’un fossé. Il nous fait penser aux temples mayas, avec sa forme carrée, ses étages et ses escaliers très raides. On fait aussi durer le plaisir en empruntant des pistes ombragées, recouvertes de terre rouge, car on sait que dans les jours qui viennent, on ne pourra pas échapper à la nationale, avec son lot de camions et de gros 4x4 qui roulent à toute allure et nous frôlent.

Gastronomie khmère

Depuis qu’on est arrivés au Cambodge, on se nourrit. Parce qu’il faut de l’énergie pour avancer. Mais on ne peut pas dire qu’on prenne du plaisir à manger. Ici, tout ce qui est sain, comestible, se mange. Le goût est totalement accessoire... ou alors on n’a pas du tout les mêmes goûts ! Les herbes qui entrent dans la composition des soupes semblent passer directement des zones marécageuses où elles poussent, à l’assiette. Les morceaux de viande ne sont que du gras, des abats, des os, du cartilage... mais où vont les bons morceaux ? Qui mange la viande ?

La veille de notre visite a Angkor Vat, on s’était préparé un bon pique-nique : du pain (héritage de la présence coloniale française), des tomates, des poivrons et des oeufs. Mais la surprise fut de taille quand on ouvrit les oeufs. D’abord un liquide marron, une odeur désagréable, puis des petites plumes en formation. Bon, on se dit qu’on n’a pas eu de chance, que celui ci était fécondé. On ouvre le deuxième,... idem. Le troisième, le quatrième... toujours pareil. Ce n’était donc pas une erreur. Les cambodgiens mangent des embryons de poussin !!! En fait, on apprendra plus tard que ce sont des embryons de canard et qu’ils se mangent à la petite cuillère. Bon appétit si vous passez à table !

Bonze Ry, bonze Tul, bonze Vanh

Les moines bouddhistes nous accueillent toujours, simplement, avec le sourire. Mais cette fois-ci, on s’installe au coeur du temple. En Thaïlande, nous étions toujours dans une bâtisse à part, loin de la vie des moines. Ici, le bonze Ry nous invite, dans un français approximatif, à entrer dans la grande et unique pièce sur pilotis du monastère. On y monte nos vélos et on s’installe sur le plancher, avec au dessus de nos têtes des guirlandes colorées faites de petits morceaux de tissu. Autour de nous il y a aussi des enfants et des vieillards. Les vieilles femmes ont le crâne rasé. Elles vivent ici et s’occupent de l’entretien des lieux mais aussi du repas des moines. Elles sont acceptées mais pas considérées comme des nonnes.

On discute un bon moment avec les moines ; on explique notre voyage. Ry nous dit tous les mots français dont il se souvient : "Monsieur, madame, debout, assis, cuillère, couteau, le chat..." Mais nos questions concernant leur quotidien, leur rôle,... restent sans réponses. On n’arrive pas à se faire comprendre. Pourtant on aimerait savoir pourquoi ils ont choisi d’être moine, si leur engagement est définitif ou non, ce qu’ils font de leur journée, si ils célèbrent les mariages, les morts,...

L’endroit est agréable. On s’installe sous la moustiquaire, sur le parquet, dans ce batiment en bois sur pilotis. La nuit est tombée, on a fait notre toilette dehors avec l’eau de pluie, il fait un peu moins chaud, on va bien dormir. Raté. Cette nuit, c’est le festival. Un vieux du village a installé sa moustiquaire juste à côté de la notre, il fait grésiller sa radio jusque tard dans la nuit, se met à ronfler, allume la lumière... puis ce sont les moines qui prennent le relais en frappant sur le gros tambour. Il est 4 h du mat’. Ca réveille les coqs, les chiens... et le vieux qui s’active alors pour plier sa couche. Ca s’annonçait pourtant bien, mais quand Ry arrive à 6H en répétant "Réveillez-vous, le soleil se lève !", on est crevés !!!

L’ambiance au lever du soleil nous redonne de l’énergie. Le soleil brille sur le plancher, les petits chats tournent autour des plateaux préparés pour le petit-déjeuner des moines et les vieux entonnent une prière. (voir la vidéo "prière du matin au temple de Spean Tnot)

Le plat pays

Les jours suivants, on roule beaucoup, parce que c’est plat. C’est monotone : des rizières, des maisons en bois sur pilotis, des rizières, des rizières... des "hello", des dizaines, des centaines de "hello", insistants, bruyants, fatiguants. Au début on répond, puis on se contente de faire un signe de la main mais on a vite l’impression d’être la reine-mère qui salue ses fidèles sujets. Ca saoule. On ne répond plus. Ou seulement à ceux qui ne crient pas. Ils sont rares.

On passe quelques nuits chez l’habitant mais l’hospitalité n’est pas spontanée. Il faut longuement expliquer, comme on peut, ce que l’on fait là, ce que l’on recherche. Et comme le camping sauvage est fortement contre-indiqué en raison de la présence de mines anti-personnel, on n’a pas vraiment le choix, on s’invite un peu. Mais après un moment d’échange, les visages s’éclaircissent, la confiance s’installe et on partage. Des sourires, des recettes culinaires, de la musique... C’est plaisant. Et finalement, alors qu’on s’apprête à dormir sous la moustiquaire, sous la maison, on nous invite à monter pour passer la nuit dans la maison. Il faut seulement réussir, durant la soirée, à occulter la présence de tous les voisins qui viennent nous observer. Mais on a fait nos armes en Inde, ici c’est la version "soft".

A boire !

Trouver de l’eau potable au Cambodge n’est pas une mince affaire. D’abord, tout comme en Thaïlande, on refuse d’acheter des bouteilles de 50cl. Trop cher et surtout trop polluant. Les cambodgiens nous proposent du thé vert ou de l’eau bouille mais elle parfois trop chaude et fait fondre nos bouteilles et souffrir nos bidons. Les gérants d’hôtels refusent de nous en donner,... faut pas nous refuser de l’eau potable ! On finit toujours par en obtenir, avec force de conviction. Car il ne faut pas s’énerver... ne pas perdre la face... Concept difficile à intégrer pour nous mais très important en Asie du Sud-Est.

En dernier recours, il faut filtrer...Et parfois, on boit le jus d’une noix de coco fraîche, désaltérant et rafraîchissant.

Système D

Le Cambodge a souffert de nombre de guerres et d’occupations qui ne se sont terminees qu’en 1989 avec le retrait des troupes vietnamiennes. Le pays fonctionne encore en grande partie grâce a l’aide internationale, produit très peu (industrie textile essentiellement) et les ressources principales proviennent de la riziculture et de la pêche. Le système éducatif est en piteux état, il y a très peu d’écoles et les professeurs sont très mal payés. Avec 30 à 40 dollars par mois, ils ne peuvent pas s’en sortir. Alors ils donnent des cours particuliers. Le salaire des policiers est équivalent à celui des professeurs. Pour eux, pour s’en sortir, c’est magouille et corruption.

Un français qui s’est installé au Cambodge nous explique qu’il y a eu récemment une période de spéculation qui a fait augmenter la valeur des terrains. Les propriétaires terriens se sont alors empressés de vendre leurs terres... pour s’acheter une grosse voiture et se faire construire une grande maison... Il ont de l’argent, aujourd’hui, mais ils n’ont plus de terre...

Un soir, deux jeunes nous emmènent faire un tour sur leur mobylette. Ils nous font visiter le village et ses alentours. Au retour, la nuit est tombée. Il fait sombre, les habitants sont dehors, ils discutent. C’est calme. Les seules lumières proviennent des quelques néons et télés allumées. Ils fonctionnent grâce à l’unique groupe électrogène du village. Les maisons qui sont a l’écart sont seulement munies d’une petite batterie, qu’ils font ensuite recharger grâce à un groupe électrogène.

La famille de ces deux ados, qui nous ont reçus chez eux cumulent eux aussi les petits boulots. Le père travaille dans les rizières, la mère bosse à la maison - elle fait des petits déjeuner, qu’elle sert le matin aux voisins, sur des petites tables à l’entrée de sa cour - et s’occupe de la famille, le garçon travaille dans une boucherie (ou un abattoir, on n’a pas très bien compris) et dans un mois, il vont partir tous les quatre à Ko Samui, une île thaïlandaise, pour confectionner et vendre des colliers de fleurs destinés aux touristes qui vont débarquer en masse. La mère est un peu inquiète car sa fille de 14 ans est très jolie...

Déception

Malgré toutes ces difficultés économiques, les routes se sont bien développées. Les axes les plus importants sont maintenant goudronnés. Avant cela, le Mékong constituait une voie de communication et d’acheminement des marchandises très importante. Maintenant, c’est fini. Il n’y a plus de bateaux sur le Mékong. Nous qui rêvions de remonter son cours jusqu’au Nord du pays, c’est raté. C’est pas qu’on sature de la bicyclette mais les paysages dans ce coin, c’est pas l’extase. C’est plat, c’est monotone... ( à part les 30km de piste qui longent le Mékong au sud de Kratié). Tant pis, on re-tentera notre chance au Laos.

Y’a méprise !!!

Ces mêmes jeunes qui nous ont fait un grand plaisir en nous faisant faire un tour a mobylette dans leur village à la tombée de la nuit, ont ensuite choisi de nous montrer des clips a la télé. Lorsque nous sommes montés dans la maison, ce sont des karaokes en khmer qui tournaient. C’était bien kitch, bien rigolo. Fièrement, ils ont changé de DVD, pour nous montrer des clips de rap : des gros noirs américains, la casquette de travers, les chaînes en or qui brillent, une Lamborghini et de belles filles dénudées. On fait la moue mais ils ne relèvent pas. Deuxième clip : Britney Spears déguisée en hôtesse de l’air chante en se frottant le popotin à un mec obèse dans les toilettes d’un l’avion...Affligeant. Pensent-ils que c’est ça la France, que ça nous plaît ?... On tente de leur expliquer que ce genre de clip ne nous plaît pas, que les gens ne vivent pas de cette façon en France, ils sont un peu déçus. A la place, ils mettent un feuilleton thaïlandais qui parait comique. On s’installe sous la moustiquaires, et on s’endort avec les rires de toute la famille scotchée devant le feuilleton.

Hypocondriaques s’abstenir

Pour voyager au Cambodge, il faut avoir l’estomac bien accroché. La gastronomie est déjà douteuse, mais quand on met les pieds dans un marché, il faut fermer les yeux sur les conditions de préparation et d’étalage des aliments. Les poissons sont évidés à même le sol, les vendeuses de viande ont les pieds dans les travers de porc et chassent gentilment les mouches avec un petit eventail au bout d’un baton et une boue nauséabonde recouvre en permanence les allées du marché, le sous par 35 degrés à l’ombre. Mais bon, il faut bien manger et le seul repas qui nous plait au Cambodge est le petit déjeuner ; une soupe de nouilles avec des nems, de la menthe, des cacahuetes pilees et une sauce sucrée (voir la vidéo de la préparation de ce plat).

Mini-bilan

On quitte le Cambodge assez vite, par la nationale 7, déserte... et par la petite cabane en bois du poste frontière avec le Laos. On n’a passé que 2 semaines ici, mornes en ce qui concerne les paysages, mais riche en expériences nouvelles, en sites extra-ordinaires comme Angkor, en rencontres et en connaissances de ce pays qui a beaucoup souffert. Les régions montagneuses du Ratanakiri et du Mondolkiri sont restées inaccessibles en raison de l’état des pistes. A découvrir...

Signes particuliers

  • 4200 riels = 1 dollar (ben oui, ici la référence, c’est le dollar... )
  • Les villages sont une suite de maison alignées sur le bord de la route
  • La circulation à droite, mais certaines voitures ont le volant à droite.
  • La Camry, la voiture bon marché, qui roule à fond
  • La Lexus, la voiture de riche,... qui roule à fond aussi
  • La Krama, pièce de tissu à carreaux, multi-fonctions (sur la tête, sur le chapeau, autour de la taille en guise de sarong ou de ceinture)
  • Les herbes "aromatiques" au goût de vase
  • Le nombre d’écoles, ridiculement petit.
  • Le transport de cochons (jusqu’a 3 !) sur le porte bagage d’une mobylette
  • Les maisons sur pilotis très hauts, jusqu’à 3 ou 4 m
  • Le hamac, très apprécié à toute heure de la journée
  • Angkor à toutes les sauces (bière, cigarettes, décorations,...)
  • Le thé vert (de l’eau bouillie avec un vague goût amer) pour seule eau potable
  • L’eau, omniprésente
  • "Hello, Bye bye, OK, Thank you !"
  • Un nom de ville différent sur chaque borne kilométrique
  • La gastronomie : tout ce qui est sain (entendez ce qui ne rend pas malade) se mange. Les grenouilles entières, toutes les herbes, le grouin du cochon, des araignées, et des embryons de bébé canard dans l’oeuf !!! Terrible !!!
  • L’extrême amertume du café
  • Les draps qui brillent
  • Le port d’un masque de protection contre la grippe aviaire(?), la pollution (?)
  • ET... les cigarettes Alain Delon !

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