L'Asie en Danseuse

Présentation

Thailande 2 : Premières expériences monastiques (du 14 au 28 sept. 2008)

Des plantations d’hévéas et de palmiers à huile, nous passons aux cocotiers et plantations d’ananas. C’est moins humide, plus aéré, plus agréable. Les vaches aux grandes oreilles nous accompagnent et nous font sourire (cf. Photo). D’ici à Bangkok, nous allons tenter de longer la côte au maximum pour éviter la quasi-unique 4 voies nationale. En effet, à cet endroit la Thailande ne s’étend que sur une fine bande de terre coincée entre le Myanmar et la Mer de Chine. Les choix d’itinéraires vont être restreints. Et si on trouve des petites routes de bord de mer, quelques petites baignades ne nous déplairaient pas.

Classe

Ca commence plutôt bien du côté de Ban Bang Boet. On repère un abri en bois qui serait parfait pour une nuit au grand air et à l’abri de la pluie mais la propriétaire refuse tout net et nous dit qu’on peut mettre la tente… au bord de la route. Bon, on avance vers la plage, en craignant quand même qu’on ne trouve que des pensions. Mais alors qu’on demande s’il est possible de camper sur la plage, un plantureux suédois d’une cinquantaine d’année nous aborde. Il nous met en garde contre les mouches de sable et nous invite aussitôt chez lui. Ce n’est pas simplement un petit coin de jardin qu’il nous propose, mais une chambre d’hôte : salle de bains, climatisation (même si on ne l’utilise jamais), télé, lecteur de DVD (chouette, on va pouvoir se faire un petit karaoke !) et cuisine extérieure à notre disposition. Le grand luxe !

Le lendemain on tente d’entrer dans un parc national pour camper, mais celui-ci est payant. A peine plus loin, on entre dans une propriété. On ne doit pas être les premiers à passer ici à vélo car le gardien nous montre tout de suite les toilettes, un joli coin de pelouse pour nous installer, nous offre de l’eau et un abri avec une table pour manger. Le lendemain, comme il pleut, il nous propose une pièce pour dormir et nous offre des nouilles et encore de l’eau !!! On essaie de savoir où l’on est exactement mais cet endroit restera un mystère. Il y a des plantes de toutes sortes, des arbres taillés. Une pépinière peut-être… ? Un centre de recherche… ?

Soleil, petites routes côtières, heureux hasards aux carrefours dépourvus d’indications ; le retour sur le continent commence bien…

Pas classe

Mais la saison des pluies n’est pas tout à fait finie. Les averses réapparaissent et se succèdent. Côté itinéraire, on enchaine culs de sacs et vase dans laquelle on s’enlise. Il faut porter les vélos pour en sortir et les nettoyer pour pouvoir repartir sur le bitume. On profite quand même du cadre en traversant à nouveau un parc national (on nous demande de payer un droit de passage, mais on franchit la barriere sans se retourner – payer pour traverser un espace naturel à vélo, c’est pas notre truc) entre marais et reliefs karstiques ou nichent de nombreux oiseaux. Puis on rejoint la nationale. On n’a plus le choix ! Encore un petit detour par les marais salants ; c’est toujours aussi plat, ca fait mal aux fesses. Et puis,... il n’y a plus qu’une route. Passage par Samut Songkram, c’est pas joli joli, ca sent le poisson, la circulation se densifie et la pluie diluvienne nous stoppe au beau milieu de la ville. On finit la soiree a essayer de sécher sous le ventilateur d’un hotel miteux. Un peu plus loin, c’est Bangkok qui nous attend... et rien qu’à l’idee d’y entrer par la nationale, on n’est pas très motivés.

Ressources locales

Après le riz, l’élevage de crevette constitue la plus grosse production agro-alimentaire en Thaïlande. On en traverse d’immenses du côté de ... Mais il y a aussi des marais salants, des plantations de cocotiers, d’ananas, etc. Bref, tout ce qu’il faut pour obtenir la délicieuse cuisine thaïlandaise.

Lieu de villegiature

En chemin, nous avons aussi découvert comment une certaine frange de la société de Bangkok et d’Europe passe ses vacances. Hua Hin ! Dans ce paysage plat et sans intérêt se dressent tout a coup des immeubles énormes. Dans la ville, on ne voit même plus la mer. Il y a pourtant une foule de touristes, en sandales, bedonnants et plutôt vieillissants. Que viennent-ils faire ici ? On ne tardera pas a le découvrir. La ville regorge de bars garnis de jeunes thailandaises courtes vêtues. Mais le plus écoeurant, c’est que ces établissements sont tenus pour la plupart par des européens. Et pour finir de combler cette clientèle douteuse, on peut aussi trouver toutes sortes de salons de massage, de fast-food, de restaurants et de produits occidentaux… On adore !

Autre lieu, autre ambiance

Les moines bouddhistes nous accueillent dans l’enceinte de leur temple. Tout se passe simplement. On nous propose un abri pour installer la moustiquaire, de l’eau, une douche (qui se résume parfois a un mini tabouret en bois et un seau, au pied du reservoir d’eau, a l’extérieur). On discute un peu avec les moines. Un peu. Ils ne sont pas très bavards, comme les thaïlandais en general. Effectivement, la barrière de la langue existe, mais il y a d’autres pays ou on a beaucoup échangé, sans pour autant partager le même langage. Bref, on n’arrive pas à en savoir beaucoup sur leur mode de vie, leur engagement, etc.

Mais on aime l’ambiance, le calme… jusqu’aux coups de tambours a 4h du matin ! Il va falloir s’y faire car il y a des chances qu’on passe encore pas mal de nuits dans les temples.

Celui de Ban Kut Nao nous reserve un accueil bien particulier. Un moine un peu plus âgé prépare un traitement de choc à un autre moine. Il fait chauffer à la vapeur des sachets de tissu remplis d’eucalyptus. Lorsqu’ils sont brûlants, il les applique sur la tête de son patient et effectue des frictions énergiques. Ce dernier grimace à chaque fois, ce qui fait rire l’assistance, toute d’orange vêtue. Puis il passe à une autre victime et lui fait craquer les cervicales en moins de deux ! Il passe alors au troisième, qui s’allonge sur une estrade en bois. Il lui masse le dos avec les pieds puis monte carrément sur lui. Lorsqu’il propose à Gérald un petit massage, il hésite. A peine le temps de s’installer, de se décontracter, CRAC, les cervicales remises en place ! Et il enchaîne par un massage du dos a l’essence d’eucalyptus, assez musclé egalement. Sans le prévoir, Gérald aura expérimenté le fameux massage thaïlandais. Avant de partir, on rencontrera le “grand maître” en personne qui nous recevra dans son antre, parmi les bouddhas, et nous offrira un porte-bonheur. Il nous donne aussi sa carte de visite et son numéro de téléphone portable (! ?).

A boire et à jeter !

Nous sommes étonnés par le fait que la majeure partie de la Thaïlande n’ait pas de système d’eau courante, alors que c’est un pays assez développé. La pluplart des gens utilisent l’eau de pluie, qu’ils récupèrent dans de grandes jarres en terre, déposées a côté de la maison. La salle de bains, a l’extérieur, se résume à une petite pièce avec des toilettes a la turque, un grand bac rempli d’eau et un petit récipient en plastique.

L’eau potable, elle, est disponible en bidons de 20l consignés que l’on fait remplir. C’est très bon marché, mais il faut quand même la payer et s’organiser. Sinon, il faut faire bouillir…ou filtrer. Alors au quotidien, on se bat pour obtenir de l’eau provenant de ces bidons. Car ce que l’on nous propose toujours, ce sont des bouteilles de 50cl d’eau purifiée. Non seulement notre budget en prendrait un bon coup mais la planète aussi. Sachant que l’on consomme environ 6l chacun par jour, faites le calcul du nombre de bouteilles en plastiques qui s’évanouiraient dans la nature (ici, le recyclage n’existe pas).

Quant a la nourriture, elle est toujours aussi fraîche et souvent cuisinée a proximité de marché. Mais côté encas, c’est pas la même chose. On se demande s’il n’y a pas plus d’emballage que de nourriture. Les petits gâteaux sont emballes un par un, puis réunis dans un autre sachet. Alors pour avoir de quoi grignoter et éviter d’accumuler, encore, du plastique, on a trouve la solution : il existe des boites de 5 kg et on peut acheter les biscuits au kilo. C’est loin d’être un régal mais c’est plus écologique et surtout plus économique !

Autre exemple : le lait de soja est conditionne uniquement en briques de 25cl !

Vous m’entendez ?...

Il arrive assez souvent que les gens ricanent avant de nous tourner le dos quand ils ne nous comprennent pas... On ne sait pas si c’est par timidité qu’ils réagissent ainsi, par "honte" de ne pas savoir parler anglais... alors ils tentent d’appeler à l’aide une personne de leur entourage qui parle anglais. Mais comme la plupart du temps cette dernière n’en sait pas beaucoup plus, on ne tarde pas à taper sur l’épaule de notre interlocuteur pour l’inciter à nous ecouter et surtout à nous regarder. La communication avec un minimum de vocabulaire et des gestes, jusque là, ça a toujours marché... alors il n’y a pas de raison que ça ne fonctionne pas en Thaïlande. Les enfants, eux, sont souvent plus réceptifs, ils captent tout de suite et font la traduction à leurs parents.

Autre exemple : un jour ou l’on se perd, je continue tout droit alors que Gérald a bifurqué. Après une dizaine de kilomètres, je ne vois toujours personne. Il faut alors faire comprendre aux vendeurs de fruits du bord de route (qui ne parlent bien sur que le thaï) qu’on est deux, à vélo, que j’ai perdu mon compagnon, et que je le recherche... il est frisé, il a aussi des sacoches sur son vélo,... est-ce que vous l’avez vu ?... est-ce qu’il est passé par là ? Les réponses sont parfois positives, parfois négatives... il me semble que certains s’en fichent et répondent au hasard... je joue alors au 3 sur 5 pour être sûre de la réponse. C’est la négative qui l’emporte... je fais demi-tour.

Mais ce qui nous agace le plus, c’est lorsqu’on entre dans un commerce et qu’on nous propose de la bière ou du soda avant même qu’on ait ouvert la bouche !

Pédale révolution

Will, Gill, Thaïs et Nalo... Ces quatre cyclos-voyageurs, on les avait rencontrés sur la route, en Malaisie. Ils nous accueillent dans leur appartement de Bangkok pour quelques jours. Ils nous rendent un grand service et c’est un vrai bonheur de passer du temps ensemble. C’est l’occasion pour nous de s’initier au baby sitting de jumelles de 13 mois. Bilan : c’est du sport !... surtout à Bangkok !

"Bangkok, city of life"

C’est le slogan de la ville. On peut le voir un peu partout. Mais si c’est ça la vie... la circulation énorme et incessante (tuk-tuk, taxis, camions, voitures,... et pas un seul vélo), l’air pollué et étouffant, le bruit, la foule qui s’agite en permanence, l’accumulation de buildings, l’omniprésence du béton, le gigantisme des centres commerciaux qui envahissent la ville...

L’espace restant pour les piétons est si restreint que les voies de communication s’organisent sur 3 niveaux : le rez-de-chaussee pour les vehicules motorisés, le 1er etage pour les piétons et le 2ème pour le sky-train. La vie en 3D !

Et au milieu de tout ça, au pied d’un hypermarché, les femmes du quartier s’agitent, elles font de l’aérobic. Il est 18h, elles sont au coeur du trafic et de la pollution. Certains y sont sensibles, mais la seule solution qu’ils aient trouvé est de porter un masque de protection. On soigne les effets... et on achète une moto ou une voiture. Il faut dire que circuler à vélo, c’est un vrai calvaire ! Lors d’une discussion avec un commerçant, dans son magasin climatisé, il nous explique que pour venir au travail, il choisit les bus climatises (eux aussi) pour ne pas s’exposer a la pollution. En voilà un joli cercle vicieux !

Et au pied d’un autre centre commercial, un lieu de prière se dresse. Les passants font des offrandes et se prosternent. On se demande ce qu’ils peuvent attendre, espérer, aux pieds de Bouddha... gagner plus, pour acheter plus ?... et polluer plus ?

Attrappe-touriste

Bangkok est une ville quasi incontournable en Asie du Sud-Est. D’abord parce que c’est LA plaque tournante du trafic aérien de cette partie de l’Asie, ensuite parce qu’elle regorge de temples bouddhistes plus étonnants les uns que les autres. Alors une foule de touristes venus du monde entier s’y presse. La plupart se retrouvent dans le quartier aménagé en fonction de leurs goût : petits hôtels avec petit déjeuner à l’occidentale, cafés internet, bars à bière bon marché, librairies bondée de toute la collec’ de guides touristiques, restaurants servants hamburger et pizzas (ça fait mal quand on connaît la qualité de la cuisine thaïlandaise), boutiques de fringues et de babioles,.. toujours les mêmes... C’est comme partout ailleurs. Dans ce genre d’endroit, on ne sait même plus dans quel pays on est... mais c’est toujours plein de monde...

Côté visite culturelle, on jette notre dévolu sur le Wat Po et son fameux Bouddha couché. Mais c’est l’heure du déjeuner, c’est fermé. Alors un chauffeur de tuk-tuk nous propose un tour en ville à très bas prix. On comprend que cette semaine, le gouvernement offre des tickets de carburant en échange de services... On ne comprend pas très bien le principe quand on monte à bord. Mais ça va nous faire patienter, découvrir d’autres temples et se faire balader un peu... c’est si rare !!! En fait, on va vite comprendre. Le chauffeur nous arrête d’abord dans un petit temple abritant un petit Bouddha doré. Bien. Puis c’est chez un tailleur qu’il nous dépose. On a beau lui dire que ça ne nous intéresse absolument pas, il nous incite à entrer dans le magasin. On papote avec le propriétaire et on repart. Un peu plus loin, arrêt devant une bijouterie. Cette fois-ci, on n’entre même pas, et puis on a faim. Le chauffeur nous amène alors dans un restaurant chic. Bon, la plaisanterie a assez duré, on lui demande de nous ramener au temple... il prend la mouche, fait demi-tour... et nous demande 100 bahts au lieu des 40 annoncés au départ. Coincés dans un embouteillage, pressés de descendre, on lui tend 50. Mais la monnaie ne vient pas. Il nous dit allez, 10 bahts de plus, pour vous, c’est rien ! Eh bien, si, c’est 10 bahts. Et si tous les touristes lâchent tous 10 bahts de plus, sans broncher (ce qui souvent est le cas), la prochaine fois tu demanderas 50 et tu feras payer 60, et ainsi de suite !

Bon appétit

La nourriture est toujours aussi bonne. Fraîche, épicée, aux ingrédients (fruits, légumes, herbes aromatiques, poissons, cacahuètes, fruits de mer, citronnelle, riz, viande...) et aux saveurs variées (sucré, salé, acide, épicé, amer, aigre-doux,... ) et le riz est délicieux. Les marchés sont appétissants. Dommage que parfois ; les échoppes soient sur le trottoir, comme à Bangkok par exemple.

Voir la video "bon appétit" : au coeur des buildings abritant des bureaux, un marché avec des dizaines de stands de nourriture et au centre, des tables ou les employés du quartier viennent s’installer pour déjeuner. Le plus difficile : choisir un plat !

Une fin humide

A la sortie de Bangkok, il nous reste 3 jours pour atteindre la frontière du Cambodge. C’est tout plat, c’est tout droit, c’est pas très beau... alors on file à toute vitesse. Les rizières sont toutes inondées,... les maisons aussi, parfois. Heureusement on passe à travers les gouttes et les moines nous réservent un accueil toujours aussi simple et naturel. On passe nos deux dernières nuits en Thaïlande dans des monastères. On a un toit et une estrade en bois pour mettre la moustiquaire, de l’eau, du calme, une ambiance sereine. On se sent très bien.

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