L'Asie en Danseuse

Présentation

Malaisie : La bonne surprise (du 14 au 31 aout 2008)

Cette fois, c’est la bonne !

Ce matin, (jeudi 14 août 2008), Alain Bernard remporte le titre olympique du 100m nage libre ! Une belle émotion qui nous donne la pêche. On enfourche nos bicyclettes, direction la Malaisie ! 35 km d’autoroute dans Singapour c’est pas très intéressant mais le trafic est raisonnable et on a toute la bande d’arrêt d’urgence pour nous. Au milieu du pont qui rattache l’île de Singapour au continent asiatique se dresse une petite porte de style musulman. Nous voici en Malaisie. Il n’y aura pas de 2ème faux départ ! Une petite photo, un petit tampon et on entre dans la ville de Johor Baru. Ce n’est pas très plaisant. Les gros bâtiments en béton se succèdent, abritant pour la plupart d’immenses centres commerciaux de plusieurs étages . Nous sommes a la recherche d’une carte routière et d’un guide de la Malaisie et dans ce dédale de boutiques, c’est pas gagné ! Bon, on trouve quand même une assez bonne carte routière. Et pour l’itinéraire, on s’en tiendra aux conseils que nous donnerons les malaisiens. Du côté de la ville de Melakka, ça a l’air intéressant et on sera sur la route de Kuala Lumpur pour trouver du matériel pour les vélos (pneu, rétroviseur, béquille,…). Direction la côte ouest ! On cherche des petites routes, mais ici, ça n’existe pas. Il n’y a que des 4 voies ! Heureusement, les conducteurs sont respectueux et il y a une bande d’arrêt d’urgence assez large, mais quand même, ça roule très vite ! On se demande alors si on a fait le bon choix car la côte ouest est très peuplée et on risque de ne trouver que des voies rapides …

Prise en main

Nouveau pays, nouvelle langue, nouvelle culture… Il se fait déjà tard et on ne sait pas comment ça va se passer ce soir. Il faut donc sortir de cette voie rapide, faire quelques courses et trouver un endroit pour camper. Dans une petite ville, a la sortie de l’épicerie, une petite dame papote. Elle porte une longue robe bleu ciel et un voile assorti avec des broderies*. Elle n’a pas l’air pressée alors Armelle lui demande si il est possible de camper dans le coin. On la suit dans sa Perodua – une petite voiture toute carrée de fabrication locale – vers le parc municipal. Pour l’instant il y a du monde car c’est la sortie des classes, mais plus tard, ça peut être pas mal. Pour plus de sécurité, notre guide va demander au directeur de l’école si on peut camper dans l’établissement. Malheureusement, il est absent. Elle tente alors le temple chinois, mais ils refusent. On insiste alors pour camper dans le parc, à condition que l’on puisse prendre de l’eau au temple. Mais elle nous dit alors que le parc n’est pas sur car l’autre nuit, des vols ont été commis par des indiens. On repère alors une maison avec jardin, mais les propriétaires ne sont pas là… Cette petite dame a passé bien du temps pour nous venir en aide mais il semble qu’elle soit a court d’idée et qu’elle ait à rentrer chez elle. Elle nous envoie alors vers le « sporting club », près de la grande mosquée. On espère que ça va marcher car le soleil se couche. Mais le doute s’installe quand on voit apparaître les jardins, la piscine et les bâtiments du club. Ca paraît bien trop luxueux pour qu’ils acceptent de nous laisser camper sur leurs pelouses bien entretenues ! Il faut quand même tenter. On s’adresse a la réception et c’est alors qu’apparaît un petit bout de femme, très dynamique, qui vient de terminer sa partie de badminton avec ses copines. Elle parle anglais, elle nous salue, nous demande ce que l’on cherche… et nous invite à dormir chez elle !

(*) La religion officielle de la Malaisie est l’Islam, pratiqué par les « Malay », c’est a dire les gens d’origine malaisienne. La communauté indienne est majoritairement hindouiste et la communauté chinoise bouddhiste, taoïste…

Yien et You

C’est parti, on suit Yien jusque chez elle. Sa maison est luxueuse, entourée de hauts murs et de lourdes grilles. On y trouve une collection de pick-up et de voitures de sport, une moto, des vélos hauts de gamme (apparemment son mari est passionné par tout ce qui roule !), une énorme chaîne hi-fi, un gigantesque écran plat sur le mur… Ca a l’air d’aller pour eux. Après avoir posé nos affaires dans une chambre au lit « king size » (comme tout le reste), elle nous invite a manger dehors dans un food-court. Heureuse de nous accueillir et de nous faire découvrir des spécialités chinoises, elle en commande beaucoup trop et paye l’addition avant qu’on ait eu le temps de réagir. Riz frit aux crevettes, nouilles chinoises, brochettes de poulet et de mouton, crevettes cuites à la vapeur dans une pâte a base de farine de riz, raie grillée, le tout accompagné d’un grand verre de thé glacé. On se régale !

Durant le repas , elle nous explique que sa famille vit en Malaisie depuis des générations mais qu’ils restent « Chinois ». D’après ce que l’on a compris, pour être considéré comme un malaisien à part entière, il faut être musulman. Ainsi, les indiens et les chinois n’obtiennent pas les mêmes aides et ne profitent pas des mêmes avantages que les malaisiens. Les 3 filles de Yien sont dans une école chinoise et elles prennent des cours particuliers de maths le soir, après l’école. Ce n’est sûrement pas quelque chose de très courant ; Yien et You ont les moyens. Il est ingénieur en mécanique, elle est femme au foyer et ils vivent avec la mère de You et une employée de maison à plein temps.

Après le repas, on récupère les filles à la sortie de leur cours particulier. Elles grimpent à l’arrière du pick-up et on va acheter des durians. Les filles en raffolent ; nous on ne connaît que l’odeur très spéciale. Au passage on goûte les lansats, des petits fruits beiges au goût de pamplemousse et les mangoustans, des fruits noirs à la chair blanche, douce et sucrée. On mangera les durians à la maison. Ces gros fruits à la peau épaisse et piquante ont une odeur nauséabonde. Mais ce n’est rien comparé à la substance crémeuse, étrange et au goût, …insolite,… puissant,… mais pas plaisant du tout ! On laisse volontiers notre part aux filles de Yien.

Le lendemain matin, le festival continue. You est revenu de Singapour et avec Yien, ils nous emmènent prendre le petit-déjeuner chez un de leurs amis cycliste qui tient un petit restaurant. On y mange une soupe de nouilles délicieuse, à la viande et au poulet avec un grand vert de thé glacé avec du lait concentré sucré et du sirop ! Son ami nous offre une chambre à air puis You nous amène chez un autre de ses amis qui a un magasin de vélos. On change quelques bricoles (rétro, béquille, chaîne), mais c’est You qui paye. Il insiste. Là, ça devient gênant. Depuis hier soir, ils nous ont tout offert ! Mais ce n’est que partie remise. Ils nous demandent juste de les recevoir comme il se doit quand ils viendront en France. D’accord, avec plaisir !

Petit détail qui nous a bien fait rigoler : a chaque fois qu’on les a pris en photos, ils ont mis les doigts en « V », même You quand il a essayé le vélo de Gérald.

Lokman Bin Hussein et sa famille

Une petite rue paisible près d’une mosquée, dans un petit village. Lokman nous salue, il parle anglais. On peut mettre la tente dans votre jardin ? Oui, bien sûr ! Voilà, c’est aussi simple que ça, parfois. La tente est à peine installée qu’il nous propose de prendre une douche. Il nous offre aussi des ramboutans, ces fruits « poilus », rouge orangé, dont la chair, juteuse, ressemble à celle du litchi. Décidément, depuis hier, c’est le festival de saveurs nouvelles ! Après cela il s’inquiète de ce que l’on va manger. On lui montre le riz, le réchaud, mais il nous invite à manger avec sa famille. C’est toujours comme ça en Malaisie ?

Il habite dans une grande et belle maison en bois sur pilotis dont il a hérité de ses parents. Elle est simple et très agréable. On s’y sent bien. Malheureusement les constructions récentes sont en parpaing ou en brique car le bois est difficile à entretenir. C’est bien dommage car ces maisons ont un charme fou. Elles ont toujours un petit escalier pour accéder à la terrasse, et n’ont pas de vitres mais seulement des volets. Les toits en pente douces dépassent largement pour protéger les ouvertures de la pluie. La maison est ainsi toujours ventilée.

A la tombée du jour, on entend l’appel à la prière de la mosquée voisine. Le chant du muezzin nous rappelle ceux que l’on pouvait entendre en Turquie. Petit retour en arrière… Lokman ferme les volets et fait sa prière. Puis on passe a table, avec les enfants. Comme il parle anglais, on peut apprendre nos premiers mots de malay. Après le repas, ses étudiants viennent nous rendre visite (Lokman est professeur de technologie au lycée). Ils sont timides mais très curieux. Avec un peu de temps, ils posent des questions et s’intéressent à notre voyage, à notre itinéraire, à notre façon de vivre au jour le jour. La plupart portent le chapeau traditionnel malaisien. L’un d’eux est sourd et muet mais cela ne l’empêche pas de communiquer avec nous, bien au contraire !

La soirée a été très intéressante et nous sommes assez surpris du mélange entre tradition et modernité. Les jeunes portent l’habit traditionnel, pratiquent l’islam, vivent dans des maisons en bois, ont accès à Internet à haut débit et s’étonnent que l’on n’ait pas de téléphone portable.

Après un petit moment passé sur la terrasse avec Lokman, on ve se coucher dans la tente, même s’il a insisté pour que l’on dorme à l’intérieur. On avait déjà tout installé. Le lendemain, il est au travail dans la petite fabrique de lait de coco de sa femme. Celle-ci nous a préparé LE petit déjeuner malaisien : le Nasi Lemak. Du riz cuit avec du lait de coco, accompagné d’une friture de petit poissons, d’une sauce pimentée et de quelques rondelles de concombre. On mange en compagnie de leur fils aîné, timide mais attentionné, puis on visite leur fabrique de lait de coco. Avant de se quitter, Lokman et sa femme nous offrent à chacun un cadeau : un tissu malaisien et un flacon d’huile de coco. Sa sœur nous offre au moins deux kilos de ramboutans pour la route. On est honorés, épatés, presque gênés de cet accueil si chaleureux, entier.

Melakka

Deux jours après, nous sommmes a Melakka. Ce n’est pas du tout la même ambiance. Après avoir dormi encore une nuit dans le jardin d’une petite dame très sympathique, et traversé de petits villages paisibles, nous voilà au coeur de la ville, touristique au possible. Des cars entiers de japonais débarquent sur la place principale, au pied des bâtiments rouges de l’époque portugaise. Les guest-house bon marché sont envahies de "back-packers". On se retrouve dans un dortoir glauque où personne ne nous adresse la parole, où la porte d’entrée est une grille qu’il faut maintenir constamment fermée et où l’on sert des "western breakfast" ou autour desquels tous les "voyageurs" se retrouvent. Super. Bonne ambiance. On pensait rester au moins deux nuits pour prendre le temps de visiter, mais on se contente de faire un tour éclair du centre en fin d’après-midi.

La vieille ville est un curieux mélange entre architecture coloniale, temple chinois, mosquée, église, le tout classé au patrimoine mondial de l’UNESCO, d’ou sa popularité. On passe la soirée dans le quartier chinois. La finale de badminton des jeux olympiques est retransmise car il y a un chinois en lice... contre un malaisien ! Les clients supportent le 1er, bien évidemment. Après un bon repas dans le "food-court" en plein air, on assiste à une sympathique animation : un groupe de femmes en pantalon blanc moulant s’adonnent à une petite danse des plus "kitch" (voir la vidéo). Enfin, le marché de nuit regorge d’objets en plastiques plus inutiles les uns que les autres et de figurines pour enfants (plébiscitées par les plus grands). La culture chinoise nous intrigue...

D’ouest en est

Les trois premiers jours, que ce soient au niveau des rencontres, de la route, de l’ambiance en général, nous ont beaucoup plus. Le quatrième à Melakka, beaucoup moins. Alors on décide de s’éloigner des grands axes et de ne pas aller a Kuala Lumpur. Tant pis pour le pneu, il est mal positionné et Armelle supporte une secousse à chaque tour de roue, mais on verra ça plus tard. Retrouver les autoroutes, la pollution, la foule et les flots de touristes, c’est encore moins agréable.

Alors on contourne la capitale, hésitant encore à aller directement vers le nord, dans une région possédant encore des espaces de forêt vierge, humide et luxuriante, mais très peu peuplée, ou bien sur la côte est, pour découvrir les eaux chaudes et transparentes du golfe de Chine, les plages désertes et les villages de pêcheurs. On opte après deux jours d’hésitation pour la deuxième option, en sachant que la traversée d’ouest en est ne sera pas excitante.

En effet, les paysages sont monotones : alternance de plantations d’hévéas et de palmiers à "haouaïiile", entrecoupés de quelques restes de forêt dense. L’odeur des hévéas n’est pas très agréable et celle des usines de transformation du caoutchouc encore moins, mais...

Ca roule !

Les routes sont lisses avec une bande réservée aux motos et aux vélos, on trouve facilement de la nourriture assez bon marché dans les petits restaurants au bord de la route (choix de légumes et de poissons, avec du riz, derrière une vitrine ou l’on se sert soit même) ou dans les food-court. On y trouve facilement de l’eau potable, qui a été bouillie et que l’on nous donne sans rechigner. Le temps est au beau fixe. Il fait entre 30 et 35 degrés, avec une fois par jour une bonne averse tropicale. Le ciel se noircit, le vent se met à souffler, alors on s’abrite, on attend que ça passe et 20’ plus tard on roule a nouveau sous le soleil. Les habitants acceptent facilement que l’on campe dans leur jardin et nous offrent systématiquement une douche, le soir et même le matin ! Ils nous offrent chacun des ramboutans, fraîchement cueillis et des chauffeurs s’arrêtent même parfois pour nous en offrir. On a du en avoir jusqu’à 5 kg sur le porte-bagages ! Heureusement, ça se conserve très bien.

Pauses pipi

Depuis Melakka, Armelle nous fait encore une infection urinaire et passe ses nuits sous les étoiles. Elle doit juste veiller a ne pas s’installer sous un cocotier...

Tout petit raté

La première nuit sur la côte n’est pas idyllique. On se pose dans le jardin d’une maison vide, un peu trop proche de la route et du port qui dessert essentiellement les raffineries de la compagnie pétrolière nationale. En un mot, il y a du trafic ! Lorsqu’on on arrive près de cette maison, des jeunes disputent une partie de Takraw. Ce jeu originaire du sud-est asiatique consiste à renvoyer une balle en paille tressée de l’autre coté du filet, sans utiliser les bras ni les mains. Il se joue à 3 contre 3 sur un terrain équivalent a celui de badminton. La nuit tombe, les jeunes rentrent chez eux ; Gérald n’aura pas l’occasion d’essayer. Dommage. Le lendemain matin, le voisin nous fait de grands gestes. Mais qu’est-ce qu’il nous veut celui-là ? Il nous montre la sortie ? On dérange ? Il ne peut pas se déplacer pour s’expliquer ? ... en fait, il nous montrait le robinet, près de la petite école, pour que l’on puisse se laver ! Bon, d’accord, on s’est un peu enflammés ; il va falloir oublier nos vieux (et mauvais) réflexes « indiens »...

Village vacances

Notre première baignade a lieu près du club med de Cherating. L’endroit est retiré, tranquille, à côté d’une zone protégée pour les tortues marines qui viennent pondre sur la plage. Il est interdit de se baigner la nuit, pour ne pas les déranger, mais le jour, aucun problème, alors on en profite. On ne verra pas de tortue car elles se font de plus en plus rare (par contre, on croisera à plusieurs reprises le lézard moniteur géant, d’un bon métre de la tête à la queue). L’endroit est quasiment désert, il fait beau, l’eau est bonne et la plage est nichée au pied d’une falaise. C’est la première d’une belle série de trempettes en pleine journée, histoire de se rafraîchir. Les villages que l’on traverse sont installés sous les cocotiers, sur le sable, près de la mer et les maisons en bois n’ont pas de clôture. On se croirait dans un village vacances géant ! Pour le déjeuner, après la baignade, on mange dans de petits restaurants installés près de la plage. L’après-midi, on peut aussi se faire de petites pauses à l’ombre en s’installant sur des estrades couvertes en bois. Ambiance vacances.

Seule ombre au tableau : les immenses raffineries de la société pétrolière nationale et les lotissements horribles, à perte de vue, avec leurs maisons toutes identiques, clôturées et bien alignées où logent les employés de la société.

Will, Gill, Thais et Nalo

C’est à Rantau Abang que l’on voit apparaître des cyclistes pas comme les autres : Will et Gill voyagent depuis 5 ans à vélo et depuis 14 mois avec Thaïs et Nalo, leurs filles jumelles. Installées dans leur petite remorque, elles profitent elles aussi du paysage et des rencontres. Curieux d’en savoir plus sur ce couple franco-irlandais hors du commun, on décide de s’installer dans la même guest-house pour passer la soirée ensemble. Mais avant tout, une petite baignade s’impose. Les filles qui se reposent toute la journée dans leur carosse ont une pêche d’enfer dès qu’elles posent le pied par terre ! Will et Gill, eux, ont roulé toute la journée et sont crevés. C’est du sport de voyager avec deux petites aussi dynamiques ! Mais elles sont tellement éveillées, ouvertes et souriantes que ça doit aussi être un réel plaisir. On se reverra peut-etre, on l’espère, à Bangkok.

Kuala Terengganu

Sur la route, dans un petit office de tourisme, nous avons appris qu’un festival de danse et de musique traditionnelle aurait lieu dans quelques jours a Kuala Terengganu. Ca tombe vraiment bien puisque c’est sur notre chemin. Pour une fois, on va être au bon endroit, au bon moment ! Will et Gill nous ont donné l’adresse d’une guest-house tranquille, sur une île, ou l’on pourra se poser quelques jours afin d’assister aux représentations. En effet, l’endroit est agréable. Les petites chambres faites de paille tressée sont réparties sur un immense plancher sur pilotis. Nous sommes au dessus de l’eau lorsque la marée est haute. Il y a une cuisine a disposition avec tous les ustensiles et ingrédient de base. La douche et les toilettes sont en plein air, sur un petit balcon derrière la chambre. Le propriétaire est constructeur de bateaux en bois et a construit tout cela de ses propres mains. C’est un peu loin du centre ville mais c’est tellement reposant de pouvoir se ballader pieds nus sur le plancher et de se faire sa cuisine et son petit café, comme à la maison ! Il faut juste avoir un bon anti-moustiques et bien fermer les sacoches de nourriture la nuit. Sinon, les rats se font un plaisir de venir y grignoter le riz et les biscuits.

On prend donc notre temps : cuisine, couture, repos, écriture, et le reste de la journée, on passe notre temps à chercher un pneu (sans succès) et à mettre à jour le site internet dans des cybercafés bruyants où les jeunes jouent à des jeux de guerre ou de courses de voitures, sans casque. On profite donc de toutes les musiques de fond pourries et des bruitages, c’est insupportable. Mais pour vous, chers lecteurs, on peut faire des sacrifices !

Festival international de Gamelan

Voir rubrique danses : MALAISIE

Nous assistons à deux soirées du festival de gamelan. Le gamelan est un ensemble de percussions d’origine indonésienne et le festival est l’occasion de faire se rencontrer des groupes du monde entier, exploitant chacun le gamelan à leur manière. Nous avons particulièrement apprécié les deux groupes japonais (cf. dernière vidéo de l’article).

Le Kelantan

Pour profiter des îles et faire de la plongée ou du "palme-masque-tuba" , Will et Gill nous ont conseillé d’aller sur l’archipel des Perhentian, au nord-est de l’état du Kelantan. Nager dans une eau chaude et transparente au milieu des poissons de toutes les couleurs, ça nous tente assez. On se présente alors le matin à l’embarcadère. Mais ça ne ressemble pas du tout à ce que l’on avait pu imaginer ! Ce n’est pas le petit embarcadère tranquille, mais une assez grosse structure gavée de touristes. Le prix fini par vraiment nous dissuader. Tant pis pour les Perhentian, on trouvera bien une petite ile tranquille en Thailande pour patauger avec les poissons. Ce n’était peut-être pas le bon jour.

On reprend notre petit bonhomme de chemin, toujours sur la côte, et on s’attarde devant une fabrique de kéropok. Les femmes qui y travaillent nous invitent à venir voir de plus près. Sous un toit de tôle, femmes et enfants décapitent et vident les poissons, à même le sol. La chair et les arrêtes sont ensuites broyées dans une machine. Puis on mélange cette "pâte" à la même quantité de farine, avec un oeuf, un peu de sel et un peu de sucre. On en fait des gros boudins qui sont aussitôt découpés en tranches, que l’on met à sécher au soleil sur de grandes plaques en palme tressée. Du travail artisanal, familial qui permet d’en produire 600 kg par jour, tout de même ! Bon, côté hygiène, faut pas être trop regardant... Mais on peut constater que nos estomacs sont bien blindés puisqu’avant de découvrir le mode de fabrication, on grignotait ce truc cru... jusqu’à ce qu’on nous dise qu’il fallait le faire frire pour en obtenir des chips et surtout éliminer toute trace de microbes ou de bactéries. On se disait bien que c’était un peu dur à croquer !

Nous terminons notre traversée de la Malaisie par une étape dans la ville de Kota Bharu qui est, parait-il, riche au niveau culturel (danse, musique, artisanat, etc). Et par chance, nous passons au centre culturel qui ce jour là offre une démonstration de construction de cerfs-volants, de lancer de toupies (qui, posées sur un support, peuvent tourner pendant plusieurs heures) et présente un art martial pratiqué en musique ainsi que de la musique traditionnelle. On aurait juste aimé voir voler ces magnifiques cerfs-volants sur la plage...

Fête nationale

Etant donné la quantité de drapeaux qui se dressent au bord des routes, qui sont étendus aux fenêtres et sur les voitures, on se dit que le jour de la fête nationale, ça va être sérieux. Effectivement, les 3/4 de la population de la ville défilent, au pas, la mine sombre, en uniforme ou en costume traditionnel. Les pompiers, les infirmiers, les professeurs, les policiers, les étudiants, les femmes de ménage(?) et on ne sait quoi encore, tout le monde défile. Le patriotisme a l’air d’être très fort en Malaisie.

Mais cela ne concerne peut-être que les "malay", car les communautés malaisienne, chinoise, indienne et indonésienne… n’ont pas l’air de se croiser beaucoup. Chacun vit avec ses pairs, dans des quartiers bien distincts. Les quartiers chinois, notamment, se distinguent par l’omniprésence de béton et de petites cours entourées de hautes grilles pointues, devant la maison. C’est beaucoup moins avenant !

Cependant, la Malaisie nous a laissé une forte impression de tranquilité, de sérénité et de tolérance. C’est un pays développé, ou la santé et l’éducation ont une place prépondérante. Les écoles et les cliniques (centres médicaux) sont nombreux et en bon état. Les gens sont accueillants, souriants... Quant aux paysages, à l’ambiance, voyez plutôt les photos.

Tout s’est passé en douceur, simplement. Ce serait un plaisir de rouler à nouveau en Malaisie !

Signes particuliers

  • 1 euro = 5 ringgits
  • les maisons en bois
  • l’absence de clôtures
  • le kéropok : chair de poisson mixée avec de la farine, cuite à la vapeur, grillée ou sechée au soleil puis frite
  • les « méduses » (les petits plots sphériques et translucides qui délimitent les routes)
  • les bandes jaunes qui font du bruit mais ne remplissent absolument pas leur fonction de ralentisseur
  • « Sama sama ! », ce qui veut dire « de rien », « avec plaisir »
  • les buffets-restaurants ou l’on peut choisir entre plusieurs viandes, poissons, légumes…et jus de fruits frais !
  • le drapeau malaisien, omniprésent, souvent accompagné du drapeau de la province
  • la Proton et la Perodua, les voitures de fabrication malaisienne
  • les parcmètre « Gaston Lagaffe »
  • la voie réservée aux « motosikal » (motos et vélos)
  • le ABC, un mélange de boissons aux couleurs vives et de lait concentre sucre, versé sur une coupe remplie de glace pilée.
  • le blouson porté a l’envers par les motocyclistes pour se protéger de la pluie
  • le rotofil. Les malaisiens en sont fans
  • les chats ont la queue coupée, les pauvres…
  • les enregistrements d’oiseaux et les tours en béton dans lesquelles on les attire… pour mieux être manges par les chinois
  • l’odeur du Durian
  • l’odeur des Gudang Garam, les cigarettes indonésiennes au clou de girofle.
  • les coqs, beaucoup trop nombreux, qui chantent à n’importe quelle heure du jour et de la nuit. On va s’en faire un, c’est sur !

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