L'Asie en Danseuse

Présentation

Singapour : ca fait comme un choc ! (du 9 au 14 aout 2008)

Bon ben c’est pas le tout, mais…

La date d’expiration de notre visa approche, le passeport n’est toujours pas arrive et les avions pour Kuala Lumpur et Singapour sont toujours pleins. Nous sommes sur liste d’attente… Mais après tout ce temps perdu, on n’a aucune envie de prolonger notre sejour a Kathmandu. Le consul remplacant n’est prêt ni a nous recevoir pour trouver une solution, ni a nous aider a prolonger notre visa si vraiment c’etait necessaire (la prorogation est payante, bien sur). C’est quand meme a cause de leur inefficacite qu’on est restes plusieurs semaines dans une guest-house... Les consuls remplacants ne sont pas plus comprehensifs que les consuls prets a partir en vacances ! Nous decidons donc de faire suivre le passeport a l’ambassade de France a Bangkok. Il restera assez de place pour passer les frontieres de Singapour et de la Malaisie car ce ne sont que des tampons, pas des visas d’une page entiere et on est a peu pres surs qu’il arrivera avant nous. On regle tout ca avec la secretaire… Merci monsieur le consul ! Dans la meme journee, deux places se liberent sur un vol pour Singapour ! Allez ! C’est plus cher mais on a un contact sur place, on sait qu’on sera accueilli et ca c’est bien confortable. Merci Gege et Baptiste !!!

Dernieres heures a Kathmandu

Le temps nous fait un joli cadeau : les nuages s’ecartent le temps de nous laisser apercevoir le sommet enneige du Langtang, qui culmine a plus de 7000 m d’altitude. Enfin ! Après deux mois passes au Nepal, avec les nuages comme seul et unique panorama, on meritait bien un petit apercu de l’Himalaya ! On salue le sympathique personnel de la Yellow House, l’epicier du coin et le vendeur de the et de patisseries. On avait deja nos petites habitudes… Si bien qu’Armelle garde les cles de la chambre dans sa poche,… mais elle s’en rend compte assez vite, heureusement ! Dans la serie boulette du jour, elle oublie que Shmerber (son velo) a repris son poids et son gabarit de croisiere, ce qui lui vaut de doubler une voiture de trop pres et de perdre une sacoche. Bon, il est temps de prendre l’avion !

L’aeroport de Kathmandu

... ou serait-ce un hall de gare ? Une foire ? Une salle des fetes ? En tout cas ca ne ressemble en rien a un aeroport. Sans s’en apercevoir, on passe sous les yeux d’un controleur qui est cense nous faire payer la taxe d’aeroport. Puis on cherche la compagnie de Singapour, il n’y a pas d’indication. On demande a avoir 35 kg de bagages au lieu des 20 habituels : on nous les accorde sur le champ, sans meme discuter. Gerald pese lui meme les velos sur la balance… en les retenant un peu ils ne font plus que 14 kg… (4kg de gagnes !) Les sacoches sont entassees derriere le comptoir (pas de tapis roulant) et alors qu’elles ont ete pesees, on peut encore y acceder pour alleger nos sacs de cabine (et donc les charger un peu plus). Enfin, les velos sont poses par terre, l’un sur l’autre (!). Alors on les remet sur pied et on les protege au minimum (guidon tournes, pedales enlevees) et on leur pose des autocollants “Handle with care” un peu partout. Ca devrait passer. On file dans la seule et unique salle d’embarquement, ou les passagers de 3 vols differents s’entassent progressivement. La plupart des nepalais ont une serie de morceaux de tissu beige autour du cou. Chacun de leurs amis ou membres de la famille leur en offre un en guise de porte-bonheur, ainsi que des fleurs.

Il faut bien feter ca !

Ca faisait si longtemps qu’on attendait ce moment… Gerald a decide d’en profiter au maximum, alors il prend du vin au repas, puis une biere, puis une autre – on va pas se priver vu le prix du vol – et a cette altitude, ca fait vite son effet. Il se met vite a ricaner et ne voit pas les heures passer. Seule petite deception : les nuages ont repris leur place et ne nous ont pas permis de voir l’Everest d’en haut. Pourtant, ce matin, on y croyait. Tout ce qu’on a vu de la-haut, c’est le Bangladesh, completement innonde par les pluies de la mousson. Impressionnant !

Il faudra revenir au Nepal, c’est sur, pendant la saison seche !

Changement de décor

Passerelle recouverte de moquette et climatisee, salles immenses, calmes et silencieuses, magasins duty-free de luxe a perte de vue, une voiture de Formule 1 exposee, des escalators… le tout climatise bien sur. Ouaou ! Ca change du hall de gare de Kathmandu ! Puis c’est l’autoroute, lisse, large, ou les voitures roulent vite, tres vite et ne font meme pas de bruit. Dans la nuit, avec nos reperes nepalais, pas facile de s’adapter a ce nouveau style de circulation. Apparement nous n’etions pas autorises a rouler sur l’autoroute - ce n’etait pas vraiment un choix de notre part - mais dans la nuit et avec une carte tres sommaire, on a fait ce qu’on a pu ! Le climat change aussi : il fait chaud et tres humide. Les arbres qui bordent la route sont habites par des plantes parasites telles les orchidees.

Au pied de l’immeuble de Marc et Rachel, on se regarde. On est sales (on a remonte les velos, regonfle les pneus a l’aeroport), couverts de sueur et nos vetements commencent a souffrir des 13 mois de voyage. L’immeuble est luxueux, avec portail automatique, video-surveillance, reception et ascenseur particulier. On a l’air de clodos…

Mais heureusement, Marc et Rachel nous mettent tout de suite a l’aise. Elle est singapourienne, il est autrichien et vit ici depuis 3 ans. Le sourire, du pain, du fromage, de la charcuterie et du confort (une chambre immense et une salle de bains rien que pour nous !). On n’en demandait pas tant !

Mais ou sont passes les velos ?

On a l’impression d’etre des extra-terrestres dans ce decor de grattes-ciel, de routes a 2 x 3 voies, de voitures de luxe plus grosses les unes que les autres... Rien n’est prevu pour se deplacer a velo. Pourtant, le gouvernement a mis en place une politique pour eviter la pollution et les embouteillages. Les proprietaires de vehicule ont une taxe tres elevee a payer et le prix des voitures est exhorbitant. Alors effectivement, le traffic a Singapour reste raisonnable. De plus, le taxi est un moyen de transport tres utilise. Tout ceci reduit considerablement le nombre de voitures en circulation, mais ils n’ont pas eu la bonne idée de developper des infrastructures pour les velos. Les 2 ou 3 personnes qui se deplacaient a bicyclette se contentaient des trottoirs avec leur lot d’obstacles de tout genre. La ville prefere depenser des sommes astronomiques pour organiser un grand prix de formule 1 nocturne...

Singapour est cependant une ville agreable, malgre le fait que ce soit tres peuple et organise pour les vehicules motorises. Il y a beaucoup d’espaces verts, c’est propre, silencieux, organise... Les gens respectent le code de la route et ca, on avait oublie que c’etait possible depuis un bon moment ! C’est assez reposant.

Il faut consommer et consommer encore, ca n’a pas de fin... ?

Pour nous, petits voyageurs a velo debarquant a peine du Nepal, nous nous sentons completement etrangers a ce systeme, comme a velo sur l’autoroute. Alors qu’on pouvait acheter un savon, 4 bananes, 1 paquet de noodle ou meme 1 seul bonbon a Kathmandu, ici les savons se vendent par 5, le shampooing par bouteille de 500 ml, les briques de lait par 12 etc, etc. On ne veut pas consommer pour consommer, on veut juste de quoi se laver et manger a notre faim !!! On se sent un peu perdus. Singapour ne vit que du commerce. C’est l’un des plus gros ports du monde et tout est importe. Singapour ne produit quasiment rien, elle importe, elle consomme, elle revend, elle gere. C’est le royaume du business. Meme la politique est quasi inexistante. Depuis le retait de Singapour de la Malaisie en 1965, c’est toujours un membre de la meme famille qui est au pouvoir et il semble qu’il n’y a pas vraiment d’opposition. Mais ca n’a pas l’air d’etre un soucis puisque chacun gagne bien son ble. C’est bien ca le plus important,... non ?

Et chacun peut s’en mettre plein la panse

C’est dans le quartier chinois que l’on decouvre les food-court. De grands espaces amenages de tables numerotees et de bancs autour desquels chaque famille tient son petit stand de nourriture. Chacun possede un service d’assiettes et de couvert de couleur differentes ou avec le numero du stand inscrit dessus. Un systeme de nettoyage et de ramassage peut ainsi restituer les couverts a chaque echoppe. Il y en a a perte de vue et on a que l’embarras du choix. Jus de fruits, brochettes, soupes, nouilles, riz, fruits de mer, boissons,... Les prix sont raisonnables (par rapport au niveau de vie a Singapour) alors les tables debordent et ca fait des grand slurp !

Un soir, on rejoint Marc, Rachel et leurs amis pour diner dans un de ces food-court, installe en plein air, en bord de mer. C’est dimanche et c’est le lendemain de la fete nationale. C’est bonde. Il y a de la bouffe partout. On tourne un moment avant de s’installer et de se commander une assiette chacun. Mais quand on se retrouve tous a table, elle est deja recouverte de plats ! Ca fait vraiment plaisir parce qu’on en a soupe du dal-bat (riz a la soupe de lentilles) mais quand on constate qu’on est incapables de finir les plats et qu’une bonne partie va finir a la poubelle,... et que sur la majorite des tables c’est pareil,... c’est difficile a digerer. Vraiment, le contraste entre le Nepal et Singapour est trop important !

Mais on s’y habitue vite,... au confort !

Ici c’est la belle vie !

La ville est propre, silencieuse, on trouve de l’essence partout, de la nourriture variee.

Les immeubles ont leur piscine privee, leur salle de sport.

Les appartements ont l’eau chaude, le telephone fixe, un frigo, et meme l’eau potable au robinet !

et on peut meme regarder les JO en direct et se connecter a internet allonge dans son canape !

Ouaou ! C’est dingue, on peut boire au robinet ! On peut garder de la nourriture au frais ! Ca fait des mois qu’on n’a pas vecu dans de telles conditions (sans parler de la piscine privee...) et c’est la que l’on se rend compte de la chance qu’on a de vivre dans le confort. Quand il faut chaque jour lutter pour subvenir a ses besoins et faire la majorite des choses par soi meme, ca demande beaucoup plus d’energie ! Et en scotchant devant les JO autour d’un bon petit-dejeuner - le pied - on se dit qu’on veut en rester conscients.

Singapour sans pepettes

C’est pas chouette ! Quand aucun distributeur automatique ne veut bien nous delivrer quelques dollars Singapour, on se retrouve comme deux ronds de frite. Mais au Nepal on a tout paye cash (les paiements par carte bancaire sont encore quasi-inexistants) : le dentiste, les 40 nuits d’hotel, le billet d’avion et la nourriture, alors on a fait exploser les plafonds de retraits !!!

Et apres la consule part en vacances, les conseillers bancaires auvergnats sont en vacances ! (bon d’accord, nous aussi on est un peu en vacances...). Encore une fois, internet nous a bien aides a resoudre le probleme. Imaginez : appeler depuis Singapour a l’agence des Martres de Veyre, patienter en ecoutant la petite musique de Steevie Wonder, s’entendre dire que tous les conseillers sont occupes, re-entendre la petite musique de Steevie et s’entendre dire de vive voix, cette fois, que le seul conseiller qui n’est pas sur la plage est parti dejeuner. Tout cela avec 6h de decalage horaire, ca aurait ete la vraie galere. Alors merci Guillaume et les services d’appel par internet. On a quand meme mis 2 jours a regler le probleme, alors par telephone,...

Singapour c’est aussi...

Le quartier des bureaux avec ses grattes-ciel, China town avec ses stands de nourriture et les vieux qui jouent au Go et au Majong, Arab Street avec sa mosquee et sa petite rue pietonne bordee de maisons basses et colorees (bien agreable), et Little india, moins propre, plus agitee... on a vite traverse... Il y a aussi l’Esplande, avec sa salle de concert qu’on dirait deux micros, les jardins botaniques et les fameuses orchidees, la grande roue, Merlion, le lion a queue de poisson qui crache de l’eau (embleme de la ville), le port, les centaines de "mall", Orchard Road et ses boutiques et hotels de luxe... On avait decouvert tout ca sur le plateau de monopoly lors d’une partie acharnee avec Marc et Rachel. On avait "achete" les lieux culturels et les parcs naturels, ils avaient opte pour les rues commercantes et les quartiers luxueux. Ils ont gagne !

On y a aussi decouvert le Durian, le fruit qui pue (photo dans le prochain article sur la Malaisie).

Et Mamie Denise a trouve sa place, pres de Merlion, a nos risques et perils... A Singapour, on ne rigole pas avec l’ordre et la proprete !

Faux depart

Le 13, on choisit le chemin le plus court, le pont le plus proche pour passer en Malaisie. Mauvaise pioche ; il est interdit aux pietons et aux velos. Il est trop tard pour rejoindre l’autre pont, alors on tente de se faire embarquer a bord d’un camion pour passer la frontiere. Les camioneurs seraient d’accord, mais il semble que les douanes ne plaisantent pas avec les declarations et les controles des chargements. Alors on n’a plus d’autre choix que de rebrousser chemin, et faire a nouveau les 35 km pour retourner chez Marc et Rachel. Heureusement, ils sont la, et tout se passe simplement. "Ben oui, vous partirez demain... allez, on va manger un morceau !" Merci encore a ces deux-la.

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