L'Asie en Danseuse

Présentation

Kathmandu (du 29 juin au 9 aout 2008)

L’arrivee a Kathmandu est surprenante. Nous n’avons pas de guide du Nepal et n’avons aucune idee de ce a quoi peut resembler cette ville, dont on nous a, pourtant, beaucoup parle. Par pur hasard, nous passons au coeur de la ville, dans le Durbar Square (place du palais) dont les constructions datent du 17eme et 18eme siecle. A ce moment la, on ne sait pas du tout ou on est, mais c’est superbe. On ouvre grand les yeux et on avance dans les ruelles. Les maisons de briques au fenetres encadrees de bois ouvrage se succedent. C’est vivant. On croise des ecoliers en uniforme, des cyclo-rickshaws decores de fleurs artificielles, les commercants jouent aux echecs devant leur boutique,...

D’abord, se loger...

Nous avons rendez-vous avec Mario, un membre de couchsurfing qui va nous heberger ce soir. Mais l’accueil est minimaliste. On reste debout a discuter dans le salon, puis il nous montre notre chambre. Voila tout. En plus, c’est immonde. On n’ose meme pas aller prendre une douche tellement la salle de bains est sale (et pourtant, on a en vu, en Inde, des salles de bains crados !) et Armelle se fait reveiller par une blatte qui passe sur son oreiller. On a prepare un repas le deuxieme soir, histoire de detendre l’atmosphere, mais ca n’a rien donne. Tant pis, on va vite chercher quelqu’un d’autre pour nous heberger. Mais le deuxieme essai couchsurfing n’est pas plus reussi. On a l’impression de gener, on nous donne une assiette de riz pour le repas du soir, sans conviction et lorsqu’Armelle demande de l’eau potable, la femme de notre hote lui repond non et lui dit d’aller en acheter. Pour finir, la porte d’entree est une grille qui est constament fermee a cle. Il faut donc demander la permission de sortir. On ne tiendra qu’une nuit cette fois-ci.

Grace a Sonia, une copine de Laurige rencontree a Delhi,... puis dans les rues de Kathmandu, on trouve une petite guest-house agreable avec un chouette jardin, bon marche et proche du centre ville. On peut enfin souffler !

...se renseigner

Car en dehors de ces problemes de logement pendant les trois premiers jours, on a aussi fait les demarches dans les ambassades, recupere nos sacoches et fait le tour des agences de voyage pour la suite de notre periple.

Pour le passeport. Celui de Gerald est bientot plein, car nous n’avions prevu qu’un an de voyage (et pas deux) et les visas sont maintenant des autocollants qui remplissent une page entiere. Finis les petits tampons colores. La consule de France a Kathmandu nous propose de faire faire un nouveau passeport. Mais cela prendra au moins 3 semaines. Au moins... Il existe aussi un passeport d’urgence qui s’obtient en 24h. Mais selon elle, il faut une raison "valable" pour l’obtenir et nous n’en n’avons pas. Selon elle. Alors apres une journee de reflexion pour savoir si on le fait refaire ici, ou bien a Bangkok, on decide de rester a Kathmandu. La vie y est moins chere et surement plus agreable que dans la capitale thailandaise. Mais il faudra encore 3 jours pour achever la demande. D’abord, le certificat de naissance ne lui convient pas. Il faut l’extrait de naissance. Puisce sont les photos qui ne lui conviennent pas. Il faut un fond blanc, pas bleu ciel. Enfin, il faut venir signer la demande. Elle nous donne ces infos au compte goutte, une par jour. Deja 3 jours de perdus... et il va falloir attendre encore un mois.

Fallait pas s’adresser a une consule sur le point de partir en vacances...

Pour les visas tibetain et chinois. Des rumeurs courent sur le fait que le Tibet ouvrirait a nouveau ses portes aux etrangers. Depuis les emeutes du mois de mars a Lhassa, toute entree etait refusee. En effet, apres consultation des agences specialisees dans les tours au Tibet, il est a nouveau possible de s’y rendre. On se met a rever... de routes desertiques a plus de 5000 m d’altitude, de rencontres avec les habitants des hauts plateaux, de stuppas decorees de drapeaux de priere au milieu de nulle part... mais il n’en sera rien, malheureusement. La seule facon d’entrer au Tibet par le Nepal est de joindre un groupe (le voyage organise, c’est pas trop notre truc) ou de se faire escorter par un guide en voiture et de dormir dans des hotels choisis par ses soins et en plus, payer son retour a Kathmandu. Dans les deux cas, la facture s’elevait a plusieurs centaines d’euros chacun, avec aucune garantie de pouvoir entrer en Chine par la suite. Depuis le Nepal, impossible d’obtenir de visa. Depuis le 15 avril, une nouvelle circulaire oblige les etrangers a faire faire le visa dans leur propre pays. Faut dire qu’avec la preparation des JO, ils sont un peu tendus ! On va encore etre obliges de prendre l’avion. Dommage. On voulait en pendre le moins possible, pour des raisons ecologiques, economiques et pour eviter les changements trop radicaux... et puis surtout, on ne passera pas l’Himalaya a velo... Ce sera pour une autre fois !?

Notre prochaine destination : la Malaisie, ou Singapour.

... en profiter pour se soigner

Alors voila, on est coinces a Kathmandu pour au moins 3 semaines, Armelle a mal aux dents depuis Delhi et il y a une tre bonne clinique a deux pas de la guest-house. C’est l’occasion. Mais ce n’est pas si simple, a cause de l’assurance. Vous connaissez la chanson : le nouveau contrat commence le 6, on les appelle le 3 pour avoir des renseignements, ils ouvrent un dossier, et refusent alors de rembourser les soins car le dossier a ete ouvert le 3 alors que le contrat debute le 6 ! Arghhhhh, si il n’y avait pas 15000 km de distance entre Armelle et cet assureur de mes f..., elle lui mettrait bien un coup de 38, sans plus d’explication ! On finit par s’entendre quand meme, a coups d’e-mail et de telephone.

Longue attente avant de s’elancer

Heureusement que la guest-house est agreable, avec son jardin fleuri, sa bibliotheque (avec plein de livres en francais), son terrain de petanque, sa guitare, ses jeux... On s’y sent bien, a l’ecart du tumulte de la ville et pourtant a deux pas du centre, et on y fait de chouettes rencontres : Erika et David, Benjamin, Marc, Tiphaine, Megan et Michael, Benjamin et Maya, Hyunjin, Mireilla,... Mais malgre tout, on a le velo qui nous demange. Les journees passees ici se ressemblent beaucoup trop et il est difficile de ne pas imaginer ce que l’on pourrait vivre en ce moment meme sur nos biclous.

La petite soiree du 22 juillet (entre autres), arrosee au pastis, nous redonne le sourire !

Mais qu’est-ce que ca va etre bon quand on va quitter Kathmandu !!!

Petite escapade

(voir la fin de l’album photo)

Entre deux rendez-vous chez le dentiste, on cale un circuit de 3 jours de velo dans la vallee de Kathmandu. Au programme : Nagarkot (avec l’espoir d’apercevoir l’Everest), Nala, Panauti et Bhaktapur (cite du 17eme classee par l’UNESCO).

La route a ete dure physiquement et on n’a pas vu l’Everest, mais prendre l’air, rencontrer une famille curieuse et accueillante, et visiter Bhaktapur nous a fait oublier, l’espace de quelques jours, que l’on etait coinces au Nepal. D’accord, y’a pire comme pays, mais c’est la periode de la mousson et les routes carrossables ne sont pas legion. Pas de trek possible, pas de vue sur les sommets de l’Himalaya, pas de "tour" du Nepal a velo. Attendre...

Kathamandu en long, en large et en travers

Alors on visite Kathamandu. Cette ville est hallucinante ! A chaque coin de rue se trouve un temple, un monastere, une stuppa, une statue de Ganesh ou de Bouddha. Les maisons sont en briques et les contours des fenetres sont en bois finement sculpte. Ca penche serieusement mais c’est super beau.

Swayambunath (ou Monkey temple), le Durbar square de Kathamndu, le stuppa pres Thahiti (notre prefere), le quartier de Patan, le temple et les ghats de Pashupatinath (lieu de cremation), les monasteres et l’impressionnant de Boudhanath, les villages de Kirtipur et de Chobar...

On ne vous en dit pas plus,... regalez vous avec les photos !

Meme Mamie Denise a trouve sa place a Kathmandu.

En vrac

La "gastronomie" nous saoule un peu. Noodles, dahl-Bat (riz et soupe de lentille), mo-mos (sorte de raviolis), noodles, dahl-bat, mo-mos... On prefererait que ce soit la biere qui nous saoule !

La foi hindoue est encore bien presente. Aveugle, systematique, irreflechie. A chaque coin de rue on se badigeonne le front de pigments rouges ou jaunes, on sonne les cloches, on tourne autour de Vishnu, on lui offre des fleurs, des fruits,... on se rassure, on se protege, comme on peut.

Le petrole fait defaut. Le Nepal est approvisionne par l’Inde. Il a des dettes envers elle, alors elle rationne. Resultat, les voitures et les motos sont garees sur plusieurs centaines de metres a l’approche des stations essence. Parfois pendant une journee... Les militaires sont obliges de controler l’acces aux pompes pour eviter l’emeute. Barbeles, barrieres, armes et casques ; ils assurent la distribution de l’or noir.

L’or noir qui asphyxie la ville. Kathmandu etouffe. Tout le monde roule a moto ou en voiture alors que c’est une toute petite capitale. A velo, en 1 heure, on peut la traverser,... et bien plus vite que les motos qui restent coincees dans les embouteillages. On peut se faufiler partout. Mais c’est tellement plus facile de tourner la poignee de l’accelerateur que de pedaler !

Un jour, Armelle se retrouve dans une manifestation alors qu’elle va a velo chez le dentiste. Impossible d’aller plus loin. Elle a les yeux qui commencent a la piquer, et les briques commencent a voler, les policiers font "la tortue". Des deux cotes, les bombes lacrymo volent. Bon, ben le dentiste, ce sera pour une autre fois. En fait, le nouveau "1er ministre" s’est adresse la veille au peuple nepalais, en parlant hindi (langue officielle de l’Inde) et habille de facon "moderne" au lieu de porter l’habit traditionnel nepalais. Erreur !

Un concentre de personnages...

Kathmandu semble attirer les occidentaux,... pour diverses raisons.

  • Jean-Pierre, France, ne peut vivre decemment en France avec sa modeste pension d’invalidite (environ 500 euros). Alors il a elu domicile a la Yellow House, apres avoir fait l’experience d’un ashram dans le nord de l’Inde, "’parce qu’ici, au moins, y’a personne qui vient me faire chier !
  • Benjamin, Clermont-Ferrand, est venu mettre sur pied une ecole "alternative" et developper l’utilisation des briquettes de papier compacte comme combustible, "en esperant que c’est une petite goutte d’eau qui deviendra une marre et peut-etre meme un lac..."
  • Marc, Allemagne, doctorant en marketing, venu faire un trek, se retrouve parmi le nouveau gouvernement nepalais en tant que journaliste, ’’a cause de ma copine qui doit faire des articles et qui a du rentrer en Allemagne... mais je trouve ca rigolo d’assister a la mise en place du nouveau gouvernement !"
  • Inge, Autriche, est venue renouveler son visa Indien, " alors que je deteste vivre au milieu de ces singes", pour suivre Amma, son gourou du Kerala...
  • Petros, Grece, qui semble avoir elu domicile ici parce que l’alcool y est beaucoup moins cher qu’ailleurs...
  • Marie, France, fait une pause, " avant de rejoindre mon gourou bouddhiste dans un village de l’Himalaya"
  • Deux israeliens, venus lacher du lest pour pas cher,
  • Une anglaise, a la recherche d’inspiration, qui s’installe sur le toit de la guest-house pour ecrire un roman.
  • Gogol, musaraigne, qui vient regulierement faire le tour de la salle tele, dans un sens, puis dans l’autre.

Et nous, en attente d’un nouveau passeport !

Mea culpa

Veuillez excuser l’equipe de redaction pour le delai de livraison de l’article, qui depuis son depart de Kathmandu, a consacre moins de temps a l’ecriture qu’a la pedale !

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