L'Asie en Danseuse

Présentation

Inde 3 : On ne s'y retrouve pas... (du 05 au 26 avr. 2008)

Petite introduction

Période de questionnement. On ne comprend pas, on ne supporte pas, on subit. Pas de rencontres, pas d’hospitalité, pas d’échanges. Les odeurs mêlées à la chaleur, la crasse, la pollution, la misère, le manque de respect entre indiens, envers nous...pauvre cyclos (les vélos ici, c’est pour les pauvres, les basses castes, ceux qui n’ont pas les moyens de s’acheter une voiture). La loi du plus fort, du plus gros, du plus bruyant, du plus riche, nous écœure.

Les pourquoi se succèdent, malgré nous. Ce n’est pas comme ça que l’on peut voyager sereinement, que l’on peut découvrir une culture. Mais c’est plus fort que nous. Il y a tant de contradictions, tant de choses illogiques pour nous, tant de choses qui pourraient améliorer le quotidien des indiens. Ce qui nous étonne le plus, c’est leur capacité à accepter leurs conditions de vie. Pas de contestation, de rébellion apparente. C’est comme ça. Les indiens semblent insensibles à beaucoup de choses et ça nous sidère. Tout ce qui nous "agresse", semble glisser sur eux, sans les atteindre. Et l’hindouisme, le système de castes, leur croyance aveugle en la réincarnation, qu’ils considèrent comme une aide, un soutien, semble y être pour beaucoup. Les écarts se creusent de plus en plus, la société de consommation s’installe. Quel avenir pour l’Inde ?...

On se dit souvent qu’on devrait arrêter de se poser des questions, parce que ça nous fatigue, mais c’est difficile. On ne sait pas non plus comment réagir, parfois, devant tant d’incompréhension. Pas facile de rester calme, de prendre de la distance.

Enfin, il y a aussi les lieux touristiques où les voyageurs et autre hippies se rencontrent. Les "wouaouh, it’s so incredible, it’s wonderful" nous dépassent. Qu’est-ce qui leur plait tant en Inde ?

Entre nationales et secondaires

De la sortie du Kérala jusqu’à Bombay, nous hésitons entre deux options. Prendre les grosses routes, pour avancer car le bitume est meilleur, le dénivelé plus doux et les tracés plus directs ou emprunter les plus petites pour être plus tranquille, plus proche de la côte et avoir plus de chances de faire des rencontres. Mais les deux possèdent d’énormes inconvénients.

Les premières sont surpeuplées de bus et de camions (notamment les camions de poisson non-frigorifiés dont l’odeur ne nous lâche pas de la journée(*) qui nous frôlent, nous coupent la route ou nous obligent parfois à en sortir. Ceux-ci klaxonnent de façon compulsive et nous font respirer leurs gaz d’échappement. Cumulé à la chaleur et l’humidité ambiante, on se sent toujours sales, poisseux. Les villes dans lesquelles on s’arrête le soir ne sont pas reposantes non plus. Sales, bruyantes, sans intérêt, les hôtels sont miteux... on roule, on essaie de dormir sous un ventilo qui fait plutôt sèche-cheveux, on roule,etc... on s’ennuie. Seule distraction : les passages à niveau. Tenez-vous bien. Quand la barrière s’abaissent pour protéger la voie ferrée, les voitures et les motos viennent se coller à elle. Mais pas seulement sur leur voie,...non, non, sur les deux voies. Sur toute la largeur de la route. Et ce des deux côtés de la voie ferrée. Alors quand le train est passé et que la barrière se lève... que se passe-t-il ? Eh bien tout le monde est coincé, tout le monde klaxonne frénétiquement, se bouscule pour frayer un chemin. La première fois, on s’est dit que c’était exceptionnel,... mais non ! C’est comme ça à chaque fois !!!

(*)Et c’est sans parler de l’odeur des noix de cajou trop mures, limite fermentées, des animaux en décomposition sur les bas côtés, les ordures, les égouts... Partout. Sur les nationales comme sur les voies secondaires.

Alors on finit par bifurquer vers la côte, par les petites routes. Effectivement, c’est plus calme, plus tranquille. Mais on se confronte à d’autres problèmes. La route est la plupart du temps défoncée ou en travaux. Les croisements sont nombreux et sans aucune indication, ce qui nous oblige à demander notre chemin très fréquemment, sachant que les indiens ne savent pas dire "je ne sais pas". On récolte alors des réponses hasardeuses, concernant la direction et la distance. Nous faisons des détours pas possibles, en plein cagnard, sur des routes pourries, à cause des mauvaises indications. C’est épuisant. L’odeur de poisson ne nous quitte pas non plus. Mais cette fois-ci il est séché. A même le sol, sur les toits, sur les rochers... il y en a partout ! Pour finir, les routes sont souvent en travaux. Poussière, couche de gros cailloux, goudron fumant, nos roues ont droit à tout. Ça colle, ça n’avance pas, il fait chaud, ça grimpe sec et on ne profite même pas des descentes car la route est trop mauvaise... On finit par retourner sur la nationale. Et quand on sature à nouveau, on repart vers la côte...

Entre villes sales et plages désertes

On se dit qu’on va pouvoir camper dans les villages, sortir de ses hôtels sales et de ces villes bruyantes. Mais à la question "peut-on planter la tente dans votre jardin, sur votre propriété ?" on nous répond toujours non. Ou alors on nous donne des excuses complètement bidon, risibles. Du genre "c’est dangereux de camper, il y a des serpents et des scorpions" (alors que les enfants jouent pieds-nus dans le jardin) ou bien un propriétaire de guest-house nous demande d’abord d’aller nous enregistrer à la police "pour notre sécurité" (ce que l’on refuse de faire bien évidemment) ou encore "on veut préserver notre intimité, on ne veut pas de vous dans notre entourage" (on ne savait pas que l’intimité existait en Inde), etc, etc... Bref. Hospitalité = 0. Même les propriétaires d’hôtels nous demandent le prix d’une chambre pour camper et utiliser quelques litres d’eau ! Avant l’Inde, notre vélo était notre passeport. Nous étions reconnus pour notre façon de voyager, on s’adressait à nous différemment. Il nous permettait une certaine proximité avec les gens que l’on rencontrait. Mais ici, on nous demande "what’s your name ?", "which country ?" et c’est tout. Lorsque ça va un peu plus loin et qu’on répond qu’on est venus de France à vélo, on nous répond, "ah, ok, bye bye !" Ça devient navrant, désespérant... On roule difficilement, on dort difficilement.

Notre seul répit : les jolies plages et leurs petites cahutes en palmes tressées ou bien les petites chambres chez l’habitant donnant sur la mer. Ahhh, on respire, on se baigne, on se détend, enfin. C’est pourquoi on y reste plusieurs nuits, pour recharger les batteries. Indispensable. On y est tranquille car c’est la fin de saison. Sur les plages de Gokarna, il ne reste que quelques touristes, étrangers et indiens ; à Goa s’ajoutent les hippies qui se sont échoués ici il y a un bon moment. Seul problème : la bouffe, les hôtels, les boutiques... sont adaptés aux touristes étrangers. Pour la propreté, on ne se plaint pas, ça fait du bien. Mais le budget n’est plus le même ! Alors il faut souvent, à part à Gokarna, faire un ou deux kilomètres, dans les terres, pour trouver de la cuisine indienne et des prix "normaux". Mais grâce à Schmerber et Scorbut, en 2’ on s’échappe de ces pièges à touristes ! Et puis l’arrière pays est joli avec ses églises et ses maisons à l’architecture datant de l’époque de la colonisation portugaise.

Une soiréee à Goa

Un bar restaurant. Soirée "jam session", ou tout musicien peut venir s’exprimer en public. Dans l’assistance, à table, des touristes étrangers, essentiellement, mais aussi des vieux hippies, des jeunes filles en bikini, des indiens qui louchent sur les décolletés, des danois qui se marrent autour d’une bonne bière, une junkie complètement défoncée qui fait l’attraction. Sa tête dodeline toute seule, ses yeux tournent, ses hanches aussi. Dans la soirée, un vieux bee gee suédois, coincé dans les années 70, joue des tubes de l’époque. Il manque de tomber en sortant de la scène, ayant ingurgité un peu trop de bière. La musique est finie, on rentre. D’après cet échantillon, on imagine ce que peut être Goa en pleine saison ! On pense en avoir assez vu. Mais en rentrant à pied par la plage, on découvre une paillotte dans laquelle se déroule une soirée étrange. Deux "rastas" tapent sur des djembes, une jeune canadienne fait des vocalises, des vieux barbus se tortillent, des jeunes un peu trop enfumés semblent entrer en transe. Allez, bonne continuation, nous on va se coucher...

Epreuve ultime : la côte du Konkan

Située entre l’Etat de Goa et Bombay, la côte du Konkan est restée préservée du tourisme. Les routes sont donc très petites, en très mauvais état, très pentues et très "indirectes". On fera parfois 50 km alors qu’il y en a environ 15 à vol d’oiseau. Et puis il y a les embouchures de rivière qui se succèdent. Pour les franchir, il faut d’abord trouver l’embarcadère, le bon, attendre le "ferry" (un petit bateau en bois), négocier le tarif... et embarquer. De Goa à Bombay, on doit prendre 8 de ses petites embarcations ! Seul un pont existe. Au 6ème, Armelle craque complètement. Il fait chaud, humide, la route est complètement défoncée, on a fait le double de la distance annoncée, le drapeau se prend dans le dérailleur, la sacoche avant, suite aux secousses, montre de gros signes de faiblesses, il faut dénicher l’embarcadère,... lorsqu’on monte à bord du ferry (plus gros que d’habitude) on est soulagés. Le calvaire est fini pour aujourd’hui, il va nous emmener jusqu’à la prochaine ville. Mais il traverse le bras de rivière et s’arrête. Tout le monde descend. Le doute s’installe. Armelle demande : "-On ne va pas jusqu’à Srivardan ? -Non, répond le capitaine, on fait juste la traversée puis on repart dans l’autre sens. - Et c’est encore loin, Srivardan ? - 18 km" C’est donc à ce moment là qu’elle craque. Tous ceux à qui on avait demandé nous ont répondu que ce ferry allait directement à Srivardan. Alors elle gesticule et maudit tous ceux qui nous racontent n’importe quoi, sans savoir. Y’en a ras le bol ! On a déjà fait 70km ! Ça suffit ! et pour couronner le tout, une fois à terre, on demande la route à deux personnes qui nous montrent deux directions opposées. Ils tombent très mal ces deux là. Mais ils confirment le fait qu’en Inde, il faut toujours demander sa route à au moins 3 personnes différentes ! Ça se joue en 2 gagnants !

Enfin, c’est à Srivardan, avec le peu d’énergie qui nous reste, qu’on tente de trouver un endroit pour camper et que chacun trouvera une réponse bidon pour nous en empêcher. Sale journée.

Extrait d’un descriptif par une agence de voyage en ligne :

Le sable chatoyant, bordé de palmiers gracieux le long des vagues qui s’écrasent contre les rochers. Des ciels bleus transparents se transforment en couchers de soleil flamboyants sur le cri éternel des mouettes. Tout cela ressemble bien au paradis sur terre ! Ce n’est pourtant qu’une simple description de beauté captivante de la côte de Konkan et Malabar, à l’ouest de la péninsule indienne.

Et les indiens... nous surprennent toujours !

Par deux fois, on commande deux thés ; on nous apporte un verre plein, un verre vide.

Un matin, à l’hôtel, une voix demande "thé ? café ?".Il est 6h30, on dort encore. Armelle répond "Non, on dort". Alors une tête passe par la fenêtre et redemande "thé ? café ?"

Quelques chauffeurs ou conducteurs de motos nous font signent que notre drapeau orange destiné à écarter les voitures est gênant... ou bien on nous demande à quoi ça sert...

Alors qu’on s’arrête près d’une carrière de marbre, le propriétaire s’arrête, nous aborde et nous la pose, la question : "vous voulez acheter du marbre ?"...

Les indiens ne touchent jamais le bord d’un verre avec leur bouche lorsqu’ils boivent. Mais les égouts qui passent sous le réchaud, l’absence de savon alors qu’ils mangent avec les mains, la crasse omniprésente ne les gêne pas.

Dans les hôtels, certains sont réveillés à 5h (et le font savoir par leurs raclements de gorge matinal, à la limite du vomissement), mais ne partent qu’à 8h, ou plus.

Sur la route, même lorsqu’il n’y a personne, même quand c’est une ligne droite, ils klaxonnent...

Lorsqu’on n’en peut plus de lutter contre les bus, pour garder notre place sur la route, lorsqu’on s’énerve,... ils sourient, nous saluent ou rigolent...

Bombay, à reculons

Alibag est la dernière étape avant Bombay. On a encore pris un ferry, le 7ème. A l’arrivée, tout le monde se bouscule, comme d’habitude, comme si chacun avait quelque chose de très important à faire. Bilan : une femme tombe à l’eau. C’était prévisible. Malgré l’instant de frayeur, car très peu d’indiens savent nager, on se marre vraiment. Une fois assise sur la jetée, elle ouvre grand les yeux et recrache une gerbe d’eau, comme dans les dessins animés. Il ne manque plus que la petite sardine qui sort par la bouche !

A Alibag, après avoir recherché, encore, longuement, de trouver un coin de jardin ou un toit, un gentil monsieur possédant un appartement avec vue sur la mer (qu’on avait pris pour un hôtel), nous propose son aide. Grâce à lui, nous plantons la tente juste derrière son immeuble, dans le jardin impeccable du club sportif dont il est le secrétaire. On a donc, nous aussi, une vue sur la mer. A une heure de route et une heure de bateau, il y a Bombay. Mais nous ne sommes pas pressés d’y aller. Cette ville immense, bouillonnante, nous effraie un peu. Alors on reste deux nuits dans notre jardin paisible, pour se refaire une santé. D’autant que Arun nous offre du thé, et une douche ! Du coup on fait la rencontre d’un couple d’australiens, professeurs d’université, venus rouler à vélo pendant 4 mois en Inde. Ils sont souriants, enchantés... nous, on en a marre, on est claqués.

On pense les retrouver le lendemain à l’embarcadère. Mais comme tous les cyclos que l’on a rencontrés ici, ils sont beaucoup plus matinaux que nous ! On essaie encore une fois de nous faire respecter une règle imaginaire pour les vélos (une taxe, bien sur). On râle un peu plus fort... et on passe sans payer. Puis c’est l’envol des gobelets en plastique qui nous énerve. Durant la traversée, un vendeur de thé passe dans les rangées. Il sert le thé dans des petits gobelets en plastique... qui finiront tous à la mer ! 10, 20, peut-être 30 passeront par dessus bord ! Et il y a trois compagnies de ferries qui assurent une dizaine d’aller-retour par jour... A vos calculs...Nous sommes affligés.

Après la galère...

Comme après toute période difficile, un heureux hasard, une heureuse rencontre permet de nous apaiser. En effet, à peine débarqués au pied de l’India Gate à Bombay, un jeune américain nous aborde. "Can I help you ?" Ben, oui, on cherche quelqu’un qui pourrait nous héberger quelques jours à Bombay. Ça tombe bien, il connait quelqu’un qui est membre de Couchsurfing. Il l’appelle, on l’attend, on se fait "caster" pour un bollywood le lendemain, il arrive, on discute autour d’un thé... il nous invite chez lui ! Trop bien... D’autant plus qu’on est accueillis pas sa mère et sa grand-mère, que le quartier est calme et qu’Anu nous a tout de suite mis à l’aise. La suite de notre séjour à Bombay sera à l’image de notre premier jour : paisible, vivante, agréable.

On passe notre 2ème journée à Bollywood, sur le tournage d’une énorme production. On y rencontre Sylvain et Nancy, un couple de québecois, qui produisent eux-même des courts et des longs métrages. Ils hallucinent en observant les méthodes indiennes. C’est un bazar pas possible. Le toit du studio est fait de bâches et de bambous, des gamins jouent sur le plateau, on peut se balader où on veut, essayer des costumes pendant le tournage, prendre des photos, filmer, etc. Officiellement, tout ça est interdit... mais personne ne surveille. Les chorégraphies semblent être improvisées en direct par les chorégraphes, ce qui entraine de longs moments de répétition entre les prises. C’est incroyable. Dans ce capharnaüm, on n’arrive même pas à repérer le réalisateur !

Une belle journée, à ricaner, dans nos costumes-cravates et robes de soirées. Nancy est chanceuse avec sa robe noire... On a affublé Armelle d’une robe rose bonbon !

Mais il ne faut pas oublier ce que l’on a vu depuis l’espace confiné et climatisé du 4x4 qui nous a emmenés dans les studios : l’autre facette de Bombay, loin des paillettes et des caprices des super-stars bollywoodiennes. Des familles entières qui crèvent la faim sur le trottoir, sans vêtements décents, sans abri, sans intimité. Ils partagent leur vie avec les rats, au milieu des voitures, du bruit, de la crasse, des ordures, des gravats. C’est choquant. Et ça l’est d’autant plus que des bidonvilles existent aussi au pied des immeubles les plus chics de Bombay. Ici, les loyers sont plus chers qu’à Paris. Et plusieurs fois, on nous présente Bombay, d’un ton enjoué, en disant qu’ici, il y l’homme le plus riche et l’homme le plus pauvre du monde entier.

Run pampam run !

C’est le pseudo d’Anu et ça lui va très bien. Un homme plein de ressources et plein d’énergie. Ses parents, bien que très croyants, on changé de nom de famille pour refuser le système des castes. Car le nom de famille indique à quelle caste on appartient. Ils proviennent d’une caste élevée, et renoncent ainsi à une part de leurs privilèges. Anu a été un joueur de cricket de haut niveau. Il aurait pu continuer sa carrière. Mais il souhaitait faire des études à plus haut niveau. Il a été brillant et embauché par une multinationale qui lui offrait un très bon salaire. Après avoir mis assez de côté, il a démissionné pour se mettre au service, (bénévolement !) d’une ONG locale. Ce parcours est vraiment très atypique dans la société indienne en plein développement, ou les plus riches ainsi que la "middle-class" ne pense qu’à une chose : s’en mettre plein les fouilles. Cette position est tellement hors-normes que certaines organisations et administrations ne lui font pas confiance. Ils ne comprennent pas qu’un mec comme lui, venant d’une famille assez aisée, travaille pour "rien". Ça parait tellement louche. Et en plus de son travail, il consacre une heure chaque jour à la course à pied, dans l’objectif de courir un marathon. Nous avons eu des discussions très intéressantes et variées avec lui, ses parents, sa grand-mère et Max, un de ses collègues allemand de l’ONG. Nous avons parlé politique, corruption, sport, religion, société (indienne et occidentale)... et nous avons appris les règles de base du cricket ! On peut enfin comprendre ! Et alors que la majorité des indiens ne réalise pas que l’on soit venus de France à vélo, sa grand-mère, de plus de 80 ans, lui a demandé, en aparté : "mais, ils sont vraiment venus de si loin à vélo ?"... Elle était vraiment touchante cette petite mamie toute ridée.

Merci Anu !

Sans hésitation

Cette fois-ci, la décision de prendre le train pour sortir de Bombay, ne fait aucun doute. Anu nous l’a même conseillé. La ville est immense, tout en long, ce qui nous promettait environ 50 km extrêmement difficiles. Puis le nord du Maharashtra est une région industrielle, sans intérêt, et sans routes secondaires. Les nationales indiennes, c’est bon, on a donné. Enfin, le climat y sera encore plus chaud et plus sec. Rien ne nous motive pour avancer à vélo, alors on va filer en train jusqu’à Ahmedabad, au Gujarat. 500 km de galère en moins.

Prendre un billet de train c’est comme le reste, c’est tout un poème. Mais ensuite ce n’est pas fini, il faut "emballer" les vélos, et surtout surveiller pour qu’ils soient bien chargés dans le bon train. L’ambiance dans la gare est assez exceptionnelle. Il y a du monde partout. Sur les fauteuils, par terre, sur les quais, dans le hall... Il y a du bruit, aussi. Alors on attend dehors, observant le ballet des voitures, des taxis et des porteurs qui se disputent le client.

Vers 20h on monte dans le train couchette. Il semble qu’il y ait plus de passagers que de places par compartiments...

Hébergement OVH - Propulsé par SPIP - Aquarelles Reno MARCA - Conception & Réalisation : danslesvolcans.net