L'Asie en Danseuse

Présentation

Iran 2 : Hiver 2008 (du 1er au 14 jan. 2008)

Changement de plans

La neige s’est transformee en une epaisse bouillasse sur la route, qui a bien gelee par endroits. Nous sommes donc contraints d’attendre que les routes soient degagees pour repartir. Pendant ce temps, on cherche une solution pour l’apres Iran. Le Pakistan s’enflamme et l’ambassade de France ne veut pas nous delivrer la lettre de recommandation indispensable a l’obtention du visa, a Zahedan. Ce n’est pourtant qu’un petit bout de papier qui confirme que nous sommes des citoyens francais, bien en regle. 3 lignes en 2 minutes… Pour le Turkmenistant et les autres pays d’Asie Centrale, ce n’est pas non plus le moment. Il y fait beaucoup trop froid. Il nous reste l’Inde, mais l’ambassade est a Teheran et on ne compte pas y passer. On decouvre alors qu’il y a une ambassade a Bander Abbas, qui en plus, delivre les visas sans lettre de recommandation, contrairement a celle de Teheran. Et si on pouvait aller en Inde depuis Bander Abbas, sur un bateau de commerce, ca serait l’ideal.

Le petit grain de folie de Majid

On a decouvert qu’il existait une pratique tres ancienne en Iran. Elle se deroule dans les zukhaneh (maisons de force). On ne sait pas encore exactement en quoi cela consiste mais on est curieux de le decouvrir. D’autant plus que cote danses traditionnelles, ici, c’est un peu le desert. Et comme on est coinces a cause de la neige, c’est l’occasion.

C’est entre cafes internet, centres telephoniques et recherche de la zukhaneh que l’on a rencontre Majid. Il est livreur, sa moto est en panne, il ne peut pas travailler. Il a donc du temps libre et propose de nous aider dans nos differentes recherches. Tout de suite, il nous montre la zukhaneh et nous donne les horaires d’ouverture. Il s’improvise d’emblee “tour operator” ; il veut absolument nous faire visiter Zanjan. Ce n’est pas vraiment notre priorite car a ce moment la, on est encore a la recherche d’informations concernant les visas. Mais on le suit quand meme dans un ancient hamam, au coeur du bazar, reamenage en restaurant et maison de the. On lui fait part de nos soucis actuels et il se propose de nous aider, tout en continuant la visite guidee (ancient lavoir, pont, caravanserail, etc). Ca nous agace parce qu’on n’a pas la tete aux visites touristiques et parce qu’il fait froid, mais le personnage nous plait. Il est souriant et sa petite resemblance avec Victor Lanoux nous fait rire. Il est un peu gaffeur : après avoir demande le numero d’une ambassade aux renseignements, il tombe sur Interpol. Il est mort de rire !

Alors quand il nous invite chez lui, on n’hesite pas a le suivre. On passera deux jours au sein de sa famille, avec sa femme et ses 4 enfants (la 5eme vient de se marrier et habite maintenant dans la famille de son mari, comme le veut la tradition). Sa vie semble avoir ete bien mouvementee (une deuxieme femme et deux filles aux USA, 9 mois de prison en Iran, accident de moto dont il garde des sequelles) mais tout se passe simplement avec lui. Son enthousiasme est permanent et il prend un grand plaisir a nous le faire partager. De nuit, il nous a fait traverser le bazar, vide, a trois sur sa moto fraichement “reparee”, qui petarade encore allegrement, en criant des “Aie Amigo !” et en chantant a tue-tete. Ca n’a dure que deux minutes mais on a adore ce moment !

Boulangerie multifonctions

L’ami de Majid est le proprietaire d’une boulangerie. Dans son commerce on y apprend plein de choses. D’abord comment on fait le pain "lavash", ce qui parait normal, mais on decouvre aussi qu’on peut y reparer une moto, se faire une omelette, avoir du the a volonte, laisser bruler le gaz a fond alors qu’on ne fait pas de pain et que la vitrine est grande ouverte (le gaz est encore meilleur marche que le petrole). Pour finir, un des hommes qui traine ici - un seul travaille - nous montre fierement sur son "mobayle", la video d’une femme legerement vetue (entendez sans chador) qui se dehanche devant lui. Celle-la meme se presente a la boulangerie, vetue d’un chador noir, pour acheter du pain. Il nous precise alors en souriant, qu’il l’a payee pour sa prestation...

La Zurkhaneh de Zanjan

Zurkhaneh ou maison de force. Dans une petite piece octogonale, entouree de chaises et decoree de photos d’hommes moustachus exhibant leurs gros biscotos, se trouve une fosse. Les hommes, en tee-shirt (pour certains aux couleurs de l’Iran) et bermuda en cuir y descendent et commencent par toucher le sol avant de porter la main a la bouche et au front. Puis la "danse" commence. En hauteur, dans un coin de la salle, le chanteur et musicien declame des poemes mystiques en jouant sur une grosse percussion en terre. De temps en temps, il frappe sur des clochettes suspendues devant lui. Un meneur se place au centre et commence une suite de mouvements, effectues en rythme. Ensuite, a l’aide de petites tablettes en bois, ils executent des sortes de pompes et d’etirements, toujours en rythme. Puis ils prennent des massues qu’ils font tourner autour de leurs epaules. Les plus costauds prennent les plus lourdes. Une autre "epreuve" consiste a tourner sur soi-meme, les bras a l’horizontal, le plus vite et le plus longtemps possible, jusqu’a en perdre l’equilibre. Entre chaque exercice, une pause pendant laquelle ils recitent une courte priere qui s’adresse a Ali et Mohamed. Le dernier exercice, le plus difficile, consiste a soulever une barre de fer en forme d’arc, a laquelle est attachee une chaine pourvue de disques en metal. La barre dans une main, la chaine dans l’autre, sont balancees de droite a gauche a bout de bras. L’exercice semble particulierement eprouvant. A la fin de la seance, le doyen remercie le musicien, les participants, et Allah.

Cette pratique physique est exceptionnelle pour nous car elle ne ressemble a aucune autre que l’on connait. C’est un melange de danse, de musculation et d’etirements sur un fond de percussion aux airs parfois africains. Cependant on trouve dommage que la seule pratique physique traditionnelle iranienne a laquelle on ait assistee soit aussi liee a la religion et seulement reservee aux hommes.

On a passe la un super moment. Chacun nous a accueilli et salue chaleureusement. On les a senti honores de nous faire decouvrir leur sport.

Ah, Ah, famille nombreuse, famille heureuse....

Nos journees se passent dans le froid et on ne fait que de courtes pauses pour ne pas se refroidir. Le soir, dans certaines villes, il suffit de demander un abri pour dormir, pour se voir invites a boire le the, a manger, et meme a dormir avec toute la famille. On se retrouve parfois a plus de vingt. Nous sommes recus comme des hotes de choix. C’est pour eux un devoir et un plaisir de bien accueillir les etrangers. Seuls inconvenients, il faut toujours repondre aux memes questions auxquelles on a prepare nos reponses :

"Etes vous maries ? - Are (Oui).

Depuis combien de temps ? - Do sal o nim (Deux ans et demi).

Quel age avez-vous ? - Si o do (32 ans).

Quelle est votre religion ? - Katolik (Catholiques).

Avez-vous des enfants ? - Na (Non).

Mais pourquoi donc ? - Aknoun mosaferat, baden inch’Allah (Pour le moment on voyage, apres peut-etre...)."

Et puis il faut veiller tard, tous les soirs...

Mais au moment du depart, apres avoir insiste pour nous garder plus longtemps, tout ce petit monde nous accompagne sur le pas de la porte, le sourire aux levres. La mere de famille, avec le Coran dans une main et un petit bol d’eau chaude dans l’autre, nous souhaite bon voyage et jette l’eau chaude des nos premiers tours de roue pour nous porter bonheur. On resterait bien un peu plus, mais le temps passe et on doit etre a Ispahan avant que le mois du visa ne s’ecoule.

Une petite nuit dans une mosquee nous offre plus de tranquilite, d’intimite et de repos. On nous apporte quand meme quelques patisseries et des regards curieux veillent par la fenetre a notre bien-etre.

La haine des camions

Il nous fallait bien cette petite soiree tranquille pour affronter, encore, les dizaines, les centaines de camions qui nous frolent a toute vitesse et nous klaxonnent juste dans les oreilles. L’un d’entre-eux passe tellement pres que son chargement, qui depasse de la plate-forme, heurte la tete de Gerald ; a petite vitesse heureusement. La route est constamment entouree d’un epais nuage de pollution. On a l’impression d’en etre impregne. Et aujourd’hui, c’est "montagne plate qui monte". On ne depasse pas le 15 km/h, et les camions se doublent sur la route de plus en plus etroite, nous obligeant plusieurs fois a descendre sur le bas-cote, dans la boue. La pression monte. On est excede, pret a se faire la peau d’un routier (mais d’un petit alors...). Ils sont d’autant plus enervants que lorsqu’on leur montre notre mecontentement, ils nous saluent avec un grand sourire.

Tempete au Croissant Rouge

Sur les conseils d’un habitant de Bouin Zarah, on se rend directement au Croissant Rouge (equivalent de la croix rouge) de Hejeb pour passer la nuit. Effectivement, ils nous accueillent, sans condition. Du the, des gateaux, un repas, une petite piece chauffee et des couvertures. Nous sommes les seuls, alors les secouristes nous gatent. La nuit est paisible, reposante. Mais le reveil est plus violent. Dehors, on ne voit pas a trois metres, la neige passe a l’horizontale et le vent est glacial. Il n’est pas question de mettre le nez dehors. On decide alors de prolonger notre nuit, mais c’est sans compter sur les bus entiers qui vont debarquer dans le centre. Surpris par la tempete, des dizaines de bus et de camions s’entassent devant le centre et bloquent la route qui est deja recouverte de neige. Une personne, puis 5, 10, 50, 100 ... jusqu’a 500 viennent trouver refuge ici. Mais il y a seulement deux petites pieces et deux grandes salles. Les secouristes sont debordes. Il faut distribuer les couvertures, rationner la nourriture, calfeutrer les portes et les fenetres par lesquelles le vent passe et la neige s’infiltre. On nous dit qu’il fait -25 degres dehors ! On n’a pas de mal a le croire.

A l’interieur, il fait plus chaud, mais les conditions deviennent insupportables. Il y a seulement quatre toilettes, sans eau, pour tout ce monde. Et il est impossible, vu le temps, d’aller se soulager dehors. Inutile de parler des odeurs... Lors de la distribution de nourriture, certains semblent avoir peur de mourir de faim, et viennent "gratter" un morceau de pain supplementaire ou reclamer de l’eau, sans se soucier de ceux qui n’ont pas ete servis. C’est pitoyable. Ceux-la memes, apres s’etre goinfres, laissent leur detritus a meme le sol. Le centre se transforme en une veritable porcherie. Lorsqu’on prend l’inititative de nettoyer a l’aide de grands sacs poubelle, personne ne nous emboite le pas. L’apotheose, c’est qu’on se fait jeter lorsqu’on branche l’aspirateur, car on a le malheur d’utiliser une prise qui pourrait servir a charger un telephone portable !

Dans ces conditions, on a du mal a repondre a toutes les sollicitations. Nous sommes les seuls europeens, avec nos sacoches, nos matelas et nos duvets. De vrais aliens. Il y a toujours un regard pose sur nous, toujours des curieux qui viennent encore nous poser les memes questions. On sature. La plupart de ces irresponsables a pris la route alors que la tempete avait deja commence, mais tient pour responsables le gouvernement et les secouristes, de ces conditions deplorables.

Des camionneurs vont et reviennent, frigorifies, le visage et les mains recouverts de suie. On decouvrira plus tard qu’ils font bruler des pneus sous leur camion pour eviter qu’il gele (?) et pour se rechauffer.

Ca c’est pour le jour. La nuit, c’est pire. Alors que la tempete dure depuis plus de 24 heures, des gens continuent a arriver. Si bien qu’il n’y a plus un centimetre carre de moquette disponible. On passe la nuit recroquevilles les uns contre les autres. Meme pour "essayer" de dormir, Armelle doit garder le hijab. Les autres femmes doivent l’avoir visse sur leur tete. Il ne glisse jamais. Les portables sonnent ou servent de sound-systeme, alors que tout le monde est epuise. Pourtant personne ne bronche. Seule Armelle menace l’un d’eux de lui faire bouffer son ’’mobayle". Il met du temps a reagir... on ne dort presque pas. Au matin, une femme a la tete posee sur les fesses de Gerald et le matelas d’Armelle est squatte par plusieurs personnes. Faudrait pas que ca dure trop longtemps.

Heureusement, dans la journee qui suit, la plupart des naufrages reprend la route qui a ete degagee dans une seule direction. Mais ce n’est pas la notre. Alors on passe une troisieme nuit ici, plus calme, avec les secouristes, dans une petite piece qu’on a nettoyee nous-memes. Sans scrupule, on y fait regner nos lois : on se dechausse avant d’entrer, on ne fait pas les porcs et les curieux, bavards et autres profiteurs sont refoules. Les secouristes ont touours ete aux petits soins avec nous, mais on n’est pas fache de reprendre la route, meme s’il fait encore -10 degres. On nous dit qu’a Kashan il fait meilleur...

Mohamed l’afghan

Encore une journee glaciale pendant laquelle on traverse Qom dans la neige sale, eclabousses par les Paykan. On ne s’arrete meme pas dans cette fameuse ville sainte pour visiter les nombreux monuments religieux. Le thermometre ne depasse pas -4 degres. On prefere la depasser pour trouver un village tranquille ou passer la nuit. Seulement voila, aucun village ne se profile sur l’horizon enneige, et la nuit tombe. Le prochain est a 20 km, ou 10, selon les versions.On se retrouve au milieu de nulle part, comme souvent en Iran. Mais on n’a pas le choix, il faut avancer. Il fait beaucoup trop froid pour planter la tente. On ne fait pas les fiers.

Sorti d’une petite bicoque, on voit un bras qui nous fait signe d’approcher. On s’arrete. C’est notre seule chance de passer la nuit au chaud. Mais on se mefie quand meme car l’endroit est isole. Derriere un rideau en lambeaux, la porte s’ouvre sur une piece minuscule. Son unique occupant nous invite a entrer. Il y a des massues de zurkhaneh, une barre de musculation, des matelas, et au centre, une petite table recouverte de couvertures. Sous cette petite table, un petit chauffage electrique a resistances. On s’y installe assez vite, meme si on n’est pas tres rassures. Que peut faire ce mec, la, tout seul, au milieu de nulle part ? On verra bien...

Mais Mohamed nous met a l’aise. ll nous offre du the et meme a manger. Lorsque Ge approche ses chaussettes trop pret de la resistance, il lui donne du fil et une aiguille pour la recoudre. Lorsqu’Armelle se plaint de sa sinusite, il lui fait bouillir de l’eau, y met des feuilles d’eucalyptus et lui donne une serviette. Lorsqu’on esaie de discuter, il sort un dictionnaire anglais-farsi, etc, etc. Cet homme vit dans une maison minuscule, on a l’impression qu’il n’a rien, mais il a tout ce dont il a besoin, et surtout il est tres debrouillard. Et puis son sourire, sa simplicte, sa curiosite et son attention nous touchent vraiment.

Il est d’origine afghane, il vit de sa petite ferme et etudie le russe a Qom. Il espere trouver du travail en Russie. Cela fait 20 ans qu’il est en Iran. Ses parents ont ete tues lors de la guerre en Afghanisan et il a ete eleve par la 2eme femme de son pere. Des qu’il a pu, il a quitte l’Afghanistan. Encore une vie bien agitee. Cela explique surement sa vivacite d’esprit et son sens pratique. Au matin, alors que l’on constate que les velos sont pris dans un bloc de boue et de neige gelees - nous empechant de faire un seul tour de pedale - il est deja en train de verser de l’eau chaude sur les derailleurs. Merci Mohamed !

A Kashan, il fera bon,... qu’y disaient !

Mais il y fait toujours aussi froid. On va y passer 3 jours, par moins 5 degres, en attendant que la neige cesse de tomber. Il y en a pres de 30 cm. Ca fait 30 ans qu’ils n’ont pas vu ca ! Alors on visite rapidement cette jolie ville, son quartier et ses maisons historiques qui possedent des tours du vent (ces constructions qui permettent de rafraichir l’air a l’interieur), parce que ca caille. On a du mal a se representer Kashan en plein ete, sous 40 degres ! Cette fois-ci, ce sont deux jeunes, Hamid et Daryush qui s’octroient le role de tour operator. Ils sont vraiment sympa mais on se gele depuis un mois deja, alors les visites prolongees a l’exterieur, ca suffit ! On veut rester au chaud ! Mais comme tous les iraniens que l’on rencontre, ils veulent nous faire plaisir et nous faire decouvrir les beautes de leur pays. Mais si ils voulaient nous faire plaisir, ils ne nous traineraient pas dehors, toute la journee... C’est pas toujours evident a gerer, surtout lorsqu’ils nous invitent a passer la soiree chez eux.

La ville de Kashan vit a ralenti. La plupart des boutiques sont fermees, le bazar est desert. Des drapeaux de couleur noir, rouge et verte sont etendus un peu partout. Les mosquees se parent de leurs plus belles decorations, toujours dans de jolis degrades de noir. Ashura, la plus importante fete chiite, se prepare. On y comemore le deces de l’imam Ali et de toute sa famille, qui ont ete tortures et sont morts de soif, finalement, il y a plus de 1300 ans ! On nous dit que dans quelques jours, les fideles vont se rassembler, se mettre a pleurer pour Ali et se flageler pour partager ses souffrances. Joli programme ! On a hate de voir ca !

Le nucleaire, c’est toute une affaire !

On nous a souvent demande notre avis sur le developpement de l’energie nucleaire en Iran. Mais avant que l’on puisse repondre, on nous assure que ce n’est en aucun cas pour posseder LA bombe. C’est ce que vehiculent les medias iraniens, a l’inverse des medias etrangers. Ou est la verite ?

En tout cas ce n’est pas une mince affaire et on en fait les frais. Alors que l’on comptait atteindre Natanz, une ville situee au pied de la derniere chaine de montagnes a franchir avant Ispahan, on ne prend pas la bonne direction. Sans aucun repere a des kilometres, on avance, on monte (encore une montagne plate...), la nuit tombe et la neige aussi, ...encore ! Seuls signes de vie autour d’un carrefour : un batiment militaire, une maison et une agence de taxis. Inutile de compter sur les premiers pour nous venir en aide mais on tente quand meme notre chance. Rate. La maison, elle, est deserte et close. Reste l’agence de taxis. Il y a du monde et meme une petite piece avec un poele et un evier. Pour nous, c’est gagne. Mais pas pour eux. Ils nous disent qu’il faut avoir l’accord des militaires pour dormir ici. Comme si on representait un eventuel danger... Les miltaires refusent. Commencent alors les negociations et les recherches de solution. On finit par mettre les velos dans une voiture et on monte dans une autre, direction Natanz. Surprise : on nous fait descendre au poste de police ! On ne comprend pas ce que l’on fait la. Les policiers commencent par prendre nos passeports pendant que les chauffeurs de taxi nous disent qu’on va dormir ici. Mais un policier nous explique que ca va etre "difficile". Alors il evoque le croissant rouge (on connait...) mais revient sur son idee. Ca va etre "difficile" aussi. On attend. Le temps passe et nos passeports ne reviennent pas. Et lorsqu’ils apparaissent enfin, le policier a l’idee lumineuse de nous suggerer d’aller a l’hotel. Ben ca alors, on n’y aurait pas pense tous seuls ! Mais alors pourquoi toute cete comedie qui a dure plus d’une heure ? C’est a n’y rien comprendre. Les chauffeurs, qui eux aussi ont assez attendu, nous posent litteralement sur le trottoir de l’hotel. Les sacoches et les velos dans la neige ; maintenant debrouillez-vous ! Mais la soiree est pliee : il n’y a qu’un hotel (qui de ce fait impose ses tarifs exhorbitants) et on est epuises, physiquement et nerveusement. Le vieux grippe-sous, pour ce prix la, ne fait meme pas l’effort de nettoyer les chambres et les draps. Mais lorsqu’on lui fait remarquer, l fait mine de ne pas comprendre et nous propose du savon et du shampooing. La soiree a ete assez eprouvante alors on n’insiste pas, Pourtant c’est pas l’envie qui nous manque !

Tout ca pour dire qu’en fait (on l’apprendra bien plus tard), tout etranger desirant sejourner a Natanz doit d’abord se signaler a la police car un site de recherches nucleaires est situee sur la commune. On ne sait peut-etre pas quelles sont leurs vraies intentions mais ce que l’on sait c’est que ca les rend completement paranoiaques !!!

La petite Bam

Derniere etape avant Ispahan : la ville de Morcheh Khort. On apprecie la descente de plusieurs dizaines de kilometres avec le vent dans le dos. Ca fait des jours, peut-etre meme des semaines qu’on n’a pas avance sans avoir a pedaler !

Le jeune responsable du tourisme dans la commune nous accueille dans sa maison et nous fait visiter la vieille ville le lendemain matin. Cette ville entouree de haut murs en terre ocre est actuellement en ruines. Mais le potentiel est enorme. A l’interieur de l’enceinte, se trouvent une mosquee, un ancien hamam et des maisons aux murs sculptes et au toits arrondis. Elle ressemblerait a Bam, nous dit-on ; une ville magnifique du sud-est de l’Iran qui a ete malheureusement devastee a cause d’un seisme il y a quelques annees. Un projet de reabilitation est en cours et on aimerait bien voir le resultat des renovations dans quelques annees. A voir...

Pour l’instant, on est impatients de decouvrir Ispahan, la ville des mille et une nuits !

Hébergement OVH - Propulsé par SPIP - Aquarelles Reno MARCA - Conception & Réalisation : danslesvolcans.net