L'Asie en Danseuse

Présentation

Turquie 3 : Il y a la mer, la montagne et l'desert (du 13 au 30 nov. 2007)

Un petit parfum d’ete

A mesure que l’on descend vers la mer, l’air se rechauffe. On attendait cette agreable sensation depuis plusieurs jours. Nous passons par Fethiye, ou sous le soleil, la vie semble douce. Les maisons a toit plat sont entourees de vegetation : orangers, citronniers, oliviers, vigne, pieds de tomate, etc. Les gens mangent a l’exterieur, par terre, sur leur terrasse. Le petit pique-nique au bord de la mer est appreciable. Le froid, l’humidite, c’est fini pour un petit moment. Mais on ne peut pas en dire autant du denivele car sur la cote mediterraneenne, la montagne cotoie la mer. Ainsi pour rejoindre Oludeniz, un petit village cotier, il faut faire 4 km de cote a 10% puis 4 km de descente, a 10% egalement. L’endroit est tres touristique. Planter la tente sur la plage ou sur un coin de pelouse, c’est mission impossible. La gendarmerie, avec vue sur la mer, veille. Elle s’assure meme que l’on ne pose pas ses fesses sur le petit muret qui l’entoure, c’est dire ! On se rabet alors sur la solution "camping". Le 1er que l’on trouve nous reserve un bon accueil. Ca tombe bien, l’orage menace. On s’asseoit a la table familiale du proprietaire, sous le preau, pour partager le repas puis on s’installe confortablement dans le bar d’ete, a l’abri. On peut passer la soiree a la lueur de la bougie, alors qu’il pleut.

Le 15 novembre on prend le petit dejeuner les pieds dans le sable, au bord de l’eau, sous le soleil. Il fait 20 degres, on se croirait en ete. Alors on prend notre temps car outre le soleil, on apprecie aussi d’avoir plus d’independance et d’intimite. Dormir chez les habitants c’est tres agreable mais on doit alors respecter leur rythme, leur facon de manger, de vivre. On doit parler en turc, comprendre, se faire comprendre. Certains soirs nous n’avons pas la force de faire la conversation, de repondre aux questions (toujours les memes), mais il faut rester courtois. Certains soirs on aimerait se coucher tot, tres tot. Mais toute la famille debarque pour venir faire la connaissance des 2 francais qui voyagent a velo et on doit lutter contre le sommeil. Certains soirs on aurait envie d’un bon plat de pates qui nous colle a l’estomac mais le regime tomates-olives-fromage-concombre est omnipresent. Certains soirs on aimerait s’endormir ensemble mais on dort avec toute la famille, autour du poele ou bien on est installes dans 2 petits lits separes... L’energie depensee sur le velo n’est rien comparee a celle qui nous est parfois necessaire pour le reste de la journee.

Maries/pas maries ? Croyants/non croyants ?

La route sillonne au milieu des pins, au pied d’une montagne au sommet enneige. Ce soir c’est l’imam Imrallah qui nous recoit dans sa maison, bordee d’orangers, juste a cote de la mosquee (ou l’on passera la nuit). Il est tres gentil mais tres maniaque. Avant de nous faire entrer, il nous montre un robinet a l’exterieur et nous donne des sandales en plastique mais on ne sait pas vraiment ce que l’on doit faire. Dans le doute on fait comme ceux qui vont prier a la mosquee : on se lave les mains, les pieds et le visage. Pas de reaction de l’imam... on doit avoir bon. Puis, apres avoir enfile un jolie paire de mules douillettes a petits coeurs et on entre enfin. On va faire tres attention de ne rien salir ou froisser !

A la question traditionnelle "etes-vous maries", cette fois-ci, on repond "oui, bien sur". On ne veut plus se compliquer la vie. Quoique... Lorsqu’on repond non, les turcs n’envisagent que deux solutions : soit nous sommes frere et soeur, soit nous sommes des amis. Difficile pour eux de concevoir qu’on puisse etre amoureux et partir si longtemps ensemble sans etre maries. Lorsqu’on repond oui, deux autres questions suivent : mais pourquoi n’avez-vous pas de maison ? et pourquoi n’avez-vous pas d’enfants ? En gros, si vous etes maries, pourquoi perdez-vous votre temps a vous promener ? Difficile, encore, de repondre a des questions si fermees.

Puis le sujet de la religion arrive. Pas moyen de l’eviter, surtout pas avec un imam. Il nous amene alors devant son ordi dans lequel il a "l’integrale" du coran, traduit dans plusieurs langues. Il choisit quelques versets dont il nous montre la traduction francaise. Tout ce que l’on en conclut c’est que nous sommes de vilains mecreants et qu’Allah ne nous reconnaitra pas parmi les siens le jour de notre mort. Il a bien fait son choix, l’imam. Mais on a fait l’erreur de lui dire qu’on etait non-croyants. Le probleme, c’est que lorsqu’on dit qu’on est catholiques (on a aussi essaye cette version) on nous pose des questions sur la bible, sur les rites de l’eglise, etc. Il faut alors improviser ou clore rapidement le sujet.

Dans la conversatin, alors qu’il repasse soigneusement ses chemises et fait de jolis plis a ses pantalons, il n’oublie pas de nous preciser qu’il est mal de boire, de fumer et de jouer aux cartes (on est foutus !). On le remet un petit peu en place car un instant avant, il nous faisait tester un jeu sur son ordinateur...

La cote mediterraneenne

La cote nous offre de bon moments, entre routes ensoleillees a flanc de montagne, petits campements au bord de l’eau transparente, sites antiques, plantations d’orangers et pension douillette. Seul un violent orage vient perturber cette periode ensoleillee. Il nous stoppe litteralement. Plus moyen de rouler tellement le vent est violent. Nous avancons a peine a 10 km/h et sommes prets a tout moment a poser pied a terre car le vent nous fauche. On pedale a l’oblique. Un petit "market " nous sert de refuge. Les amis du jeune vendeur sont la, a l’abri eux-aussi. L’un d’entre-eux va faire les frais de toutes les reflexions insensees qu’on a pu nous faire en fin de journee depuis 4 mois. Il place donc la phrase qu’il ne faut pas : "ok, c’est bon, il ne pleut plus, vous pouvez aller a l’hotel a Finike". Sachant que le vent souffle encore, que la nuit va tomber, que Finike est a 20 km, que la route est coincee entre la falaise et la mer et qu’on veut camper... Armelle craque. Elle lui tend son velo et lui propose assez sechement, de le prendre, et d’y aller, lui, a Finike.

Antalya. On y est. Les turcs ne nous parlent que d’elle depuis Istanbul. Au premier abord, rien d’attrayant. Une avenue borde une plage etroite sur 10km. De l’autre cote, des barres d’immeubles, a perte de vue. La circulation se fait plus dense et les immeubles de plus en plus nombreux et serres. Le centre ville historique ne constitue qu’une petite partie de la ville, autour du port romain. Mais l’endroit est charmant. Dans les petites ruelles se cotoient des maisons ottomanes, des minarets seljoukides et la porte de l’empereur Adrien. Et la vue depuis le port, sur la chaine de montagnes du Taurus, est admirable.

"Afyiet olsun"

Le marche d’Antalya, a la sortie de la ville, en ferait saliver plus d’un. Des montagnes d’oranges fraichement cueillies, de fruits secs, de tomates, d’aubergines... production 100% turque.

A ce propos, la Turquie est l’un des rares pays au monde a beneficier d’une auto-suffisance alimentaire. En plus des cultures et elevages intensifs, la plupart des familles produisent eux-meme leur alimentation. Les fruits et legumes proviennent du jardin et les femmes confectionnent les confitures, les conserves et parfois meme le pain. Elles s’occupent aussi de la traite des vaches (tot le matin) et font le yaourt, le beurre et le fromage. Les petits magasins alimentaires, les "market", vendent donc essentiellement des choses "superflues" comme le chocolat, les biscuits, les chips, les sucreries... Les grandes surfaces sont quasi-inexistantes. La nourriture ne semble donc pas etre un probleme, a la campagne, malgre les faibles revenus. Et c’est pourquoi on nous soigne paticulierement. Le plateau commun, pose a sol sur un carre de tissu deborde de plats sucres, sales, de the et de pain alors on a parfois du mal a s’arreter.

Une nuit a l’ecole

Avant de se diriger vers la montagne on longe encore un peu la cote en traversant la Pamphilie. La derniere nuit a proximite de la mer est beaucoup moins romantique qu’a Antalya. Le village dans lequel on s’arrete ne semble pas dispose a nous accueillir. Les habitants nous dirigent d’abord vers un de ces hotels de bord de mer hors de prix qui defigurent le paysage puis nous proposent un coin dans les gravas, en plein vent, a 100 m de la 4 voies. Apres une longue dicussion, ils acceptent finalement qu’on plante la tente dans l’enceinte de l’ecole, pres de la cantine. On se doute qu’il va falloir se lever tot le lendemain pour ne pas se reveiller au milieu des eleves, mais on se fait quand meme surprendre. A 7h30, les premiers deboulent.

De toute facon on n’a jamais rien compris aux horaires, ni au fonctionnement d’ailleurs. Les parents peuvent y entrer comme il veulent, les profs n’hesitent pas a lacher leur classe pour prendre le the et discuter avec nous, le temps de recreation semble etre a peu pres equivalent au temps passe en classe et a part l’histoire et les citations d’Ataturk, les gamins ne semblent pas apprendre grand chose. A 18 ans, apres 8 ans d’anglais, ils ne savent dire que "Hello" et "What is your name". Il faut dire que leur methode est si compliquee qu’ils n’en retiennent rien. Meme les etudiants en langue ont du mal a nous parler car leur enseignement est base sur l’ecrit et la grammaire. Aucun oral en cours !

Bref, a peine a-t-on enfile un slip que des dizaine de paires d’yeux sont tournees vers nous. Au reveil, c’est un peu rude. Le pliage est alors exceptionnellement rapide. Lorsqu’on quitte l’ecole, les eleves nous suivent sur la route... ca ne semble poser aucun probleme...

Fini les palmiers...

Une derniere petite baignade dans les eaux chaudes de la mediterranee et on bifurque vers les montagnes pour remonter vers le Nord. On profite de la vue sur la mer, baignee de soleil, dans l’ascension. Les conditions sont ideales. Mais dans notre euphorie, on n’en oublie de prevoir a manger pour midi. A cours de pain, on demande a une femme qui vend quelques fruits et legumes sur le bord de la route si on peut en trouver dans les parages. Malheureusement ce n’est pas possible. Elle nous propose alors de nous donner celui qu’elle fabrique elle-meme, puis finalement nous offre un repas complet. On n’en demandait pas tant !

Le soir, c’est "Jacky" et son pere qui nous accueillent dans leur restaurant et leur bar a the (dans lequel on va dormir). On l’appelle Jacky car c’est ainsi qu’il nomme Gerald. Il n’arrive pas a prononcer son prenom et comme il voit que ca nous fait rire, il en use ! Il ne parle pas un mot d’anglais mais il nous apprend quand meme a jouer au rami et nous aide aussi a progresser en turc.

Demain, on part en direction de Seydisehir. C’est a 100 km d’ici et il y a un col a 1825 d’altitude a franchir mais "Jacky" nous assure qu’on y sera le soir. Cela nous parait absolument impossible mais il ne croit pas si bien dire !

Une nuit au poste

C’est parti pour le col d’Alacabel. L’ascension est plus facile que ce que l’on pouvait imaginer mais au sommet, il y a de la neige (et dire qu’hier on se baignait !). La temperature est encore supportable dans la montee mais la descente, a l’ombre, sur le versant nord, met nos doigts et nos orteils a rude epreuve.

Avant d’ataquer la montee, on s’est assures qu’il y a bien des villages de l’autre cote car la ville de Seydisehir est beaucoup trop loin. Malheureusement, les infos etaient fausses. Aucun village. la nuit tombe, il fait froid et nous ne trouvons aucun endroit pour nous rechauffer et passer la nuit. Ca va etre chaud car il reste encore 20km jusqu’a Seydisehir. Certes, ca descend mais nous n’avons pas d’eclairage...

On s’arrete pres d’un panneau indiquant un village a 5 km. Nous sommes prets a emprunter la petite route qui y mene lorsqu’un policier en voiture, vient a notre hauteur et nous deconseille d’y aller. Il nous propose alors de nous escorter jusqu’a Seydisehir. C’est parti pour 20 km de descente, sous la pleine lune, a fond, grace aux phares de la voiture de police ! C’est assez grisant et on en profite bien parce qu’on l’a bien meritee !

Apres un essai manque pour planter la tente derriere la station essence (voisine du poste de police), les policiers nous ouvrent les portes de leur salle de repos. On va passer une nuit au poste ! On est meme au petits soins : the, cafe, petits gateaux et douche chaude. C’est mieux qu’a l’hotel et en plus c’est gratos et on est en securite. "Jacky" avait raison : on a atteint Seydisehir (100 km et un col a 1800 m) en une seule journee !

Misafir hane

Sur les plateaux du centre de l’anatolie, nous avons rejoint les anciennes routes de la soie. La region est deserte. Un paysage de steppe s’etend sur plus de 200 km. Tous les 30 a 40 km on peut voir d’anciens caravanserails dans lesquels les marchands et les animaux pouvaient venir se reposer. Le plus imposant d’entre-eux est celui de Sultanhani dans lequel les caravaniers pouvaient se reposer, se restaurer, se laver et recevoir des soins. C’est assez magique d’immaginer cet endroit, pose au milieu de nulle part, rempli d’hommes, de chameaux et de marchandises telles que la soie, l’or ou les epices.

L’accueil des voyageurs est encore restee une tradition dans la region : dans certains villages, on nous propose de dormir dans une piece specialement concue pour les gens de passage. Il y a un poele, des coussins, des tapis et parfois meme une montagne de matelas et de couvertures. Une fois le feu allume dans le poele, on nous laisse nous installer tranquillement, quand on ne nous apporte pas, aussi, un repas !

Dans celle de Bayat, une fois bien accueillis par les voisins, trois hommes entrent. Ils commencent a nous poser des questions sur notre identite, notre presence ici, etc. C’est etrange. L’un d’entre-eux nous demande nos passeports. Mais on ne sait pas qui il est alors on refuse de les lui donner. Il repart. Les deux autres restent, s’installent et essayent de discuter avec nous. On n’est pas tres motives pour ca mais on fait l’effort... L’un d’eux s’avere etre le maire du village. Ils semblent attendre quelquechose et restent assis la, a cote de nous. Apres un trop long moment, des gendarmes debarquent, en treillis, armes jusqu’aux au dents. Derriere eux, le mec qui nous avait demande nos passeports... Ce poltron de policier (il nous montre enfin son flingue), ne sachant pas quoi faire devant notre refus de presenter nos passeports a eu la bonne idee d’appeler des renforts (il aurait pu se presenter ce triple andouille !). On avait pourtant explique que le voisin nous avait ouvert la porte, allume le feu et mis nos velos en securite chez lui... rien a faire. Le gendarme tente alors de nous impressionner. Mais son regard vide ne nous fait aucun effet. Il tente de resoudre un probleme qui n’existe pas. Il nous demande la carte de la Turquie, mais il n’arrive pas a la mettre dans le bon sens alors nous la rend aussitot. Il nous demande nos passeports mais ne reussit pas a trouver la 1ere page. Decidement... Puis pour se donner un peu de consistance, s’apprete a s’appuyer sur le poele. Une once d’intelligence l’arrete a temps. Le poele est brulant. Dommage ! Lorsque le voisin arrive enfin pour confirmer nos dires, le poltron de maire sourit jaune en nous disant qu’il n’y a aucun probleme pour qu’on dorme ici. Le gendarme sort en ricanant betement. On est tombes sur un nid !

Ecologie ou economie ?

Cette nuit epique precede notre arrivee a Konya. La ville est masquee par un epais nuage noir. On se dit que c’est la pollution des voitures mais a mesure qu’on s’approche du centre, on ne voit pas leur nombre augmenter. Et puis il y a pas mal de velos. On se rend compte, en fait, que c’est la fumee qui sort des cheminees qui pollue l’atmosphere. Ici, tout le monde se chauffe au charbon et les consequences sont desastreuses. On avait pourtant vu des panneaux solaires et des ballons d’eau sur tous les toits dans le sud. Mais le souci premier des turcs n’est pas l’ecologie, comme on aurait pu le croire, mais l’economie. Il en va de meme pour les ampoules a economie d’energie que l’on voit partout. Ou encore des voitures. Il y en a tres peu. Mais ce n’est que la consequence du prix exhorbitant de l’essence (environ 1.70 euros le litre !). Pour ce qui est des ordures, personne ne s’en soucie. Les bords de route font bien l’affaire et il y a tres peu de poubelles. A la campagne, on met le tout dans un bidon et on y met le feu. Un habitant de Konya nous sidere en jetant son megot a nos pieds alors qu’il vient de ramasser les quelques mietttes qu’on a fait tomber. Mais la raison de son geste est indiscutable : Allah punit ceux qui laissent tomber de la nourriture par terre...

C’est sur cette petite anecdote qu’Ivan et Amelie refont leur apparition. On va pouvoir se raconter d’autres anecdotes et jouer a nouveau ensemble (de la musique mais aussi a toutes sortes de jeux idiots)

Chez les bretons, on aime...

  • Les talents de mime d’Ivan, qui lui valent le surnom de Bernardo
  • La cagoule rose d’Amelie, qui lui vaut le surnom de Zezette
  • Le bordel dans leurs sacoches
  • Leur facon particuliere de semer leurs affaires sur leur passage
  • Leur debrouillardise malgre leur jeune age et leur faible niveau en anglais
  • Leurs mini-serviettes et leur mini-casserole
  • Leur rythme pepere a velo
  • Leurs deboires materiels : multiples crevaisons, rayons casses, demontage accidentel du moyeu et donc des roulements...
  • Leur regime alimentaire, economique mais calorique : pate a tartiner, pekmez, huile de sesame, beurre, fromage
  • Leur musique. Le ril est notre prefere
  • Leur aisance avec les gens
  • Leurs conversations qui s’embourbent
  • Leurs questions imposables qu’Ivan arrive toujours a poser a l’aide de mimes et d’onomatopees
  • Les batailles de coussins et autres jeux debiles (pour ceux qui connaissent, on les initie au "boulage")
  • Leurs occupations : tricot, aquarelle, couture, peinture du velo, musique
  • Leurs aliments insolites : clous de girofle, graines de pavot, curry, lentilles (1h30 de cuisson, c’est pratique !), mais a pop-corn, 500 g de sel
  • Leurs gaffes. Par exemple celle d’Ivan qui s’installe confortablement sur un matelas en disant "Cok guzel" (super bien) alors que c’est le lit du maire du village, qui nous recoit chez lui !

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