L'Asie en Danseuse

Présentation

Roumanie 3 : "Cu placere !" (avec plaisir !) (du 23 septembre au 4 octobre 2007)

Les sous de Bruxelles

Jusqu’a maintenant en Roumanie, on a vu plein de belles choses mais souvent en piteux état. En traversant le pays saxon, on découvre plusieurs endroits en parfait état. D’abord la ville de Sighisoara ou est né Vlad Tepes, le prince sanguinaire a l’origine de la légende de Dracula. Son centre ville médieval est classé au patrimoine mondial de l’Unesco et est en totale rénovation. Ensuite, les églises fortifiées comme celle de Biertan, sont tres bien entretenues. Enfin il y a Sibiu, la capitale européenne de la culture pour l’année 2007. Elle possede des rues piétonnes, des facades colorées flambant neuves et des toitures magnifiques. Tout est si neuf, si propre, si bien organisé qu’on se demande si l’on est toujours en Roumanie. İci, ça sent les "sous de Bruxelles" !

Apres avoir visite l’église de Biertan on s’arrete pres d’un magasin mixte (petit magasin ou l’on trouve de la nourriture mais aussi toutes sortes de choses, du cahier a la serpilliere en passant par l’ampoule). Son propriétaire nous invite a venir planter la tente dans son jardin. Il vit avec sa femme, ses enfants et ses parents. Il a deux vaches, deux chevres, trois moutons et un cochon. On plante la tente au milieu de la cour, entre le tas de bois, le puits et l’étable. Nous sommes au coeur de la campagne roumaine. Pour nous réchauffer, Dorin nous fait un feu. İl maitrise car l’hiver ils se chauffent au poele, pendant 5 mois, sans interruption. La température peut descendre jusqu’a moins 20 degrés. On discute beaucoup avec Dorin et son pere (on commence a se débrouiller en roumain, c’est agréable). Ce dernier nous montre avec fierté son diplome de pompier. İl a travaillé longtemps, il a maintenant 80 ans et touche une pension ridicule. De plus, l’un de ses fils est parti travailler en Espagne, comme beaucoup en Roumanie, et ca le rend triste. Dorin arrive a s’en sortir, mais a quel prix ! Il s’occupe du magasin (ouvert de 7h a 21h) avec sa femme, il s’occupe des animaux, il coupe le bois pour l’hiver, construit lui meme une extension de sa maison... Lorsqu’on est partis, ses amis arrivaient pour l’aider dans ses travaux. Quelques parpains, une vieille fenetre a peu pres remise en état, une vieille bétonniere et c’est parti. Le systeme D est roi en Roumanie. Et apparement, tout le monde ne voit pas la couleur des "sous de Bruxelles" !

Transfagaraşan ou pas Transfagaraşan ?

A Sibiu, on rencontre un couple de voyageurs a vélo venus d’Allemagne. On partage une chambre dans une petite pension. Demain, ils vont prendre le train pour s’approcher du pied de la Transfagaraşan. Cette route, construite dans les annees 70, est la plus haute du pays (2034 m). Encore un projet du mégalomane Lord Voldemort. İl parait que le paysage est magnifique ; mais il a neigé la-haut la semaine derniere (lorsqu’on était sous la pluie) et on ne sait pas si la route est encore ouverte. On s’en approche aussi, mais a vélo, pour le savoir. D’apres les locaux, on peut l’emprunter, mais le temps n’est pas de la partie. Les sommets sont dans les nuages et ça ne sert a rien de grimper si c’est pour ne rien voir. La montagne sous le brouillard et la pluie, c’est bon, on a déja donne en Roumanie ! Alors on continue a longer les Carpates. On les franchira plus tard, a une moindre altitude, pour pouvoir profiter du paysage.

Nous ne sommes pas déçus car plus a l’Est, c’est pas mal non plus et on traverse les montagnes sous le soleil. On passe deux nuits en camping sauvage, pres des rivieres. L’eau est froide mais pour se laver c’est vraiment pratique. La route qui nous mene de l’autre cote des Carpates est assez originale. Au lieu de suivre une vallée et de finir sur le flanc de la montagne, elle grimpe sur une crete. Ainsi, on a une vue assez exceptionnelle sur les deux chaines qui nous entourent.

Elena, Juliette et "Don Doctor"

Les deux nuits suivantes, on sera invité a dormir au chaud. D’abord chez un couple de Bucarest qui passe une semaine de repos avec des amis dans leur maison de campagne. Toute la soirée, Elena et Juliette s’occupent bien de nous alors que les hommes partent dans un village voisin pour distiller de la tsuica. On la goutera des le lendemain, au petit-déjeuner... La encore on nous gate et on resterait bien plus longtemps. L’ambiance chaise longue, jeux et discussions (car Elena parle bien le français) ça nous tente assez.

En suivant la vallée de la Dambovitsa qui nous menera a Bucarest, on assiste a la récolte des pommes. Toutes les familles s’activent dans les vergers et les charettes que l’on croise sont chargées a bloc. Dans les cours des maisons il y a également des montagnes de pommes.

Avant Bucarest, on passe notre derniere nuit chez "Don Doctor". Lorsqu’on le rencontre devant un resto, Lucian n’en est pas a son premier apéro. İl nous invıte a le suivre a l’intérieur pour partager un verre de tsuica (encore un !). İl nous invite a dormir dans son dispensaire (il est vétérinaire) pour qu’on y passe la nuit. C’est rudimentaire mais ça nous convient. On a de l’eau et on est a l’abri. On passe la soirée avec lui et sa femme. İls nous offrent le repas et nous donnent rendez-vous le lendemain matin pour le café. Lucian a travaillé plusieurs années en Afrique et il nous pose beaucoup de questions. Il trouve notre voyage "interessante !". Sa femme nous offre un cahier pour que l’on puisse continuer notre carnet de voyage et lui nous offre une poignée de main tres amicale.

Cure de jeunesse a Bucarest

A Bucarest on va rejoindre les étudiants que l’on avait rencontrés 15 jours avant en Moldavie. Ils nous avaient invités a les rejoindre pour la rentrée universitaire. Ça tombe bien, c’est demain. Et comme on est dimanche, on peut rentrer sans encombres dans Bucarest.

Adi, Busca et Alex nous accueillent comme des rois. Ils sont aux petits soins avec nous. Pendant les trois nuits, on dort a 7 dans l’unique piece de l’appartement. Ça rappelle les séjours au ski ou les fins de soirée a Clermont... et c’est bien agréable. On va meme vivre une nouvelle rentrée universitaire car Adi nous invite a l’accompagner a sa premiere journée. En fait, il y a une cérémonie d’ouverture qui se deroule dans le palais du parlement. Ce palais a été construit par Ceausescu et c’est le 2eme plus grand batiment au monde, par sa superficie, apres le pentagone. C’est une occasion a ne pas manquer. On assiste donc, dans un amphithéatre rond, au lustre énorme et a la décoration pompeuse, a l’ouverture de l’école nationale d’administration. Presentation des professeurs a la tribune, hymne national et discours a n’en plus finir. L’ambiance est solennelle. Etant donne qu’on ne comprend rien, on en profite pour ameliorer notre roumain avec Elena.

La cérémonie enfin terminée, on va se ballader dans Bucarest. Adrian nous guide mais en fait, il n’y a rien a voir. La ville qui était nommée le "Petit Paris" dans les années 30 a subi les bombardements de la seconde guerre mondiale, 2 séismes et surtout le réaménagement de Lord Voldemort. Au début des années 80, il a fait raser des quartiers entiers comprenant nombre de batiments historiques. Il ne reste donc plus que des immeubles en béton et son palais gigantesque, a l’esthétique douteuse.

Pour récupérer un colis et en envoyer un autre, on ressentira aussi les lourdeurs administratives qui subsistent en Roumanie. Il faut peser, emballer comme il faut, décrire le contenu, justifier, prouver, donner une adresse, montrer ses papiers, remplir des formulaires.. On a envie de plaisanter en disant qu’il y a de la coke dans notre paquet mais on se retient. Heureusement que Busca, Adi et Elena sont plus disciplinés que nous, sinon on se serait surement agacé !

Grace a eux on a aussi passé de bons moments, tous simples, comme si on se connaissait depuis longtemps. On a aussi découvert un autre aspect de la jeunesse roumaine. L’intéret qu’ils portent a l’actualité, a la politique, a la culture, au sport est assez surprenant. A la campagne on a eu beaucoup de mal a trouver des journaux ; la télé était reine. Toutes les maisons étaient parées d’une magnifique parabole permettant de déverser un flot de conneries venues du monde entier dans leur foyer. Par exemple, voir une chanteuse américaine se trémousser a moitié nue sur une Rolls au beau milieu d’une maison de la campagne roumaine, ça nous laisse toujours aussi perplexes...

Bref, Adrian, Elena, Busca et leurs amis ont un peu plus de recul sur les choses et d’autres centres d’intérets. Ils sont assez optimistes quant a leur avenir, malgré les difficultés existant dans leur pays. Ils croient en eux et sont décidés a agir ici, a ne pas partir a l’étranger comme le font beaucoup de jeunes pour trouver du travail ou pour trouver des conditions de vie meilleures. Adrian fera peut-etre une carriere politique, Elena se destine a la médécine et Busca a l’informatique. On leur souhaite de réussir,... on est assez confiant car ils sont conscients des difficultés qui les attendent mais aussi de celles de leur pays (corruption, pollution, lourdeur administratives,...)

Le jour du départ, Elena file vite car elle a rendez-vous a la fac. C’est pas plus mal car sinon les adieux auraient été difficiles. Les garçons nous accompagnent en bas de l’immeuble. Leur sourire et leur joie de vivre vont également nous accompagner sur la route.

La revedere Romania

Ce fut un plaisir de pédaler pendant 4 semaines ici. Meme si on a pesté contre la pluie, contre les routes défoncées, meme si on a déploré les ravages de Ceausescu, la pauvreté et la pollution, on a vécu dans ce pays de façon intense. Lorsqu’on voyage en Roumanie, il y a toujours de belles choses a voir, des gens a saluer, a rencontrer, des scenes de vie quotidiennes a observer. On restera marqué par l’accueil et l’hospitalité qu’on nous a réservés.

Signes particuliers

  • 1 € = 3,30 Lei
  • les charettes en bois tirées par les chevaux a la campagne
  • la Dacia 1310 déclinée dans toutes les versions : berline, break, camionnette, réfrigérante, pick-up, etc...
  • le bois est le matériau roi de la campagne, le béton celui des villes
  • le poele en céramique marron
  • la multitude de gens qui nous saluent
  • les bouteilles de 2 litres de biere en plastique au meme prix que l’eau
  • le klaxon... tres utilise pour tout exprimer : Salut ! Attention j’arrive ! Pousse toi de la ! Allez les ptis gars ! ...
  • les monuments en beton a l’entree de chaque ville
  • les usines desaffectees
  • les nombreux animaux ecrases, laisses sur la route
  • la tsuica (ou palinka) distillee maison et consommee matin, midi et soir
  • ceux qui en sont imbibes
  • les routes defoncees, a bosses, non goudronnees, "tagada"
  • la mamaliga (sorte de polenta) et le sarmale
  • les dechets et la pollution en ville, a la campagne, dans les rivieres
  • et surtout l’hospitalite

Hébergement OVH - Propulsé par SPIP - Aquarelles Reno MARCA - Conception & Réalisation : danslesvolcans.net