L'Asie en Danseuse

Présentation

La Hongrie ou le mystere magyar (du 20 aout au 8 septembre 2007)

Sommes-nous entres dans la 4eme dimension ?

Durant les premiers jours, a part l’apparition de nombreuses Trabans, Skodas et autres Ladas* et les noms a rallonge bourres de G, Y et d’accents de toutes sortes sur les voyelles, la Hongrie ne nous apporte que peu de nouveautes. Les hongrois sont tellement discrets qu’on arrive meme pas a capter un franc "bonjour", "merci" ou "au revoir". Alors on bredouille tout bas du yaourt hongrois. Pas de reaction...

* "Dimitri quitte la ville, pour aller couper du bois, il a troque sa troika contre une lada samara !..." Ca c’est pour ceux qui connaissent les Flying Tractors. Promis, cette chanson ne vous lachera pas de tout cet article. Nous, elle nous a suivi a travers toute la Hongrie.

Dans le premier camping a Lenti il y a plein d’autrichiens qui semblent installes ici pour longtemps (les voitures sont soigneusement recouvertes de baches, les paraboles ornent les caravanes et les geraniums sont partout). Mais qu’y a-t-il donc de si interessant a faire ici ? A priori rien... Le lendemain on assiste au ballet des petits vieux qui desertent leur emplacement, munis de chaises longues et vetus de maillots de bain en direction de... la piscine ? Serait-elle cachee derriere le camping ? Une breve enquete et on decouvre la premiere particularite hongroise. En fait de piscine, c’est un veritable complexe thermal qui se trouve la. Il y a plusieurs bassins, des chauds, des froids, a bulle, des chaises longues, des cours d’aquagym ; le tout au milieu d’une pelouse bien taillee et bien verte. Nous sommes dans le pays des "furdos" (les bains de pied si vous preferez) qui attirent nombre de touristes germanophones.

A Keszthely, pres du lac Balaton, on decouvre cette fois les cantoches hongroises. Pour environ 600 forints (un peu plus de 2 euros) on a un menu compose d’une soupe et d’un plat. La premiere fois on nous sert un liquide a la poire et a la cannelle puis un plat de riz avec de la viande en sauce. On se demande si on ne nous a pas servi les plats a l’envers car ici il n’y a que des locaux, et en plus ca rigole en cuisine. Mais non, c’est normal. En ete, les repas commencent souvent par une soupe froide. La plus typique est celle a la griotte, qui d’ailleurs est super bonne. On mangera souvent le midi dans ces petits restos car c’est copieux, pas cher et surtout ca nous evite de preparer a manger.

Jusqu’a Budapest on fait du camping (sauvage ou payant) car nos contacts avec les hongrois sont tres restreints. Ils ne parlent que le magyar (hongrois) et ne font aucun effort pour nous comprendre. On a parfois l’impression d’etre transparent, invisible. Personne ne semble curieux ou interesse par notre presence. Et les quelques personnes qui nous rendent service, pour nous indiquer un resto ou un lieu pour camper, le font sans enthousiasme. Pas un sourire, juste un geste de la main pour nous saluer et ils s’en retournent a leurs occupations. On va finir par en jouer un peu car cette ambiance est pesante. Meme le paysage est monotone. C’est desesperement plat et il n’y a que des champs. Le point culminant de la Hongrie culmine a 1014 m d’altitude ! Nous attendons alors le "beau Danube bleu" avec impatience. Mais la aussi on va etre decus. La route le longe, mais entre elle et le fleuve se trouve une serie d’usines de ciment, de beton et de produits chimiques. C’est moche et ca pue.

Il faut atteindre Esztergom et son imposante basilique pour avoir une vue agreable sur le Danube. La ville et la citadelle de Visegrad sont egalement jolies et interessantes. Enfin, le centre de Szentendre avec ses rues pavees, ses belles eglises, ses maisons colorees et ses nombreux artistes qui peignent a chaque coin de rue nous surprend agreablement. On discute un peu... avec un japonais ! A la sortie de Szentendre, c’est un couple de belges avec leur fils qui nous guident jusqu’au centre ville. Tout en roulant (pendant presque une heure) on discute de tas de choses. Ca fait du bien de pouvoir echanger ! Et avec l’accent et les expressions belges c’est encore plus rejouissant. Grace a eux on gagne un temps fou car les pistes cyclables ne sont pas toujours faciles a trouver et Budapest est une bien grosse ville (1.75 million d’habitants).

La encore, on aura du mal a communiquer. Bien souvent on nous repond par la negative avant meme qu’on ait fini de poser notre question. Ca donne a peu pres ca : "nem, nem, nem" (non, non, non) ou encore "nem tudum" (je ne sais pas). Il y en a meme qui nous evitent. Ca, ca calme ! Notre premiere journee est un vrai fiasco. On passe notre temps dans les trams et les bus pour se trouver bien loin de notre destination initiale, dans la banlieue grise de Budapest, sous la pluie. Les jours suivants, on se contentera de suivre le guide et la carte pour nous deplacer, manger et visiter. Et ca fonctionne beaucoup mieux.

Apres 3 jours a Budapest (voir plus loin le recit) on est bien contents de retrouver nos biclous ! Mais le premier soir est encore tres etrange. On nous offre, apres discussion..., une douche chaude et un coin d’herbe, mais le lendemain, alors qu’on veut remercier les gens, ils nous regardent bizarrement et ne nous repondent pas. Pourtant, maintenant on sait dire quelques mots et notamment merci. Allez, on se casse ! Ca va bien un moment, mais la, c’en est trop. Il y a un chouette village pas tres loin mais on ne fait meme pas le detour. On souhaite atteindre la Roumanie au plus vite.

Et c’est alors qu’on est vraiment faches avec les hongrois qu’arrive la bonne surprise. La region de Eger nous accueille, enfin ! Dans les vignes (c’est toujours plus joli que les champs de mais) ca s’active. Les vendangeurs repondent a nos "jo napot" et nous saluent. La ville d’Eger est jolie et animee. On fait l’article sur Venise en un temps record. Le soir, Klara, qui tient une petite pension nous accueille gratuitement, et surtout chaleureusement ! Elle nous laisse sa maison a disposition : salle de bain, cuisine, terrasse, chambre et nous offre des poires. Au petit dejeuner elle nous apporte une sorte de ratatouille avec des saucisses. Enfin, au moment du depart elle nous donne un petit papier qu’elle a soigneusement prepare et sur lequel elle a inscrit son adresse et nous souhaite bonne route. Elle glisse egalement une boite de chocolats dans nos sacoches. L’adieu sur le bord de la route est assez emouvant... Ouah ! Comme ca rechauffe le coeur !

3 jours a Budapest chez Fred, Claudia et Jojo

C’est par un heureux hasard, que l’on a repris contact avec Fred et Claudia. On s’est connus en Egypte. Ca fait 4 ans qu’on ne s’est pas vus et c’est avec plaisir qu’on les retrouve chez eux... a Budapest. Ils ont vu sur le site que notre route passait par la alors ils nous ont invites a passer les voir. On a fait la connaissance de M’pcheu Jojo, un fan des Barbapapa et on a pu discuter de nos experiences respectives en Afrique. Ils ont passe 3 ans a l’extreme nord du Cameroun. On a plein de choses a se dire, et on se retrouve comme si on s’etait quittes la semaine passee... C’est chouette !

A notre arrivee a Budapest on a d’abord ete tres bien accueillis par Wilson, un copain a eux, Fred et Claudia etant coinces en France, a l’aeroport. C’etait bien confortable d’avoir un point de chute a Budapest. On avait envie de profiter de cette belle et grande ville alors ca tombait pile-poil. On a pu regler un soucis avec la tente, trouver des chaines de velo grace a Wilson, visiter tranquillement la ville : la colline du chateau avec ses maisons aux facades colorees, le bastion des pecheurs aux airs de Minastirit, le parlement, le marche...

On a evidemment goute aux plaisirs des bains (notre choix s’est porte sur les bains Szechenyi car ils sont mixtes). On a essaye tous les bassins : dehors, dedans, chaud, froid, a bulles ... meme celui a l’eau verte ou un panneau mettait en garde les baigneurs. On craignait que ce soit a cause de la composition de l’eau mais on a decouvert par la suite que c’est a cause d’un fort courant circulaire. Dehors, sous une petite pluie, des gens jouent aux echecs au bord du bassin. La difference de temperature entre l’air (16’C) et l’eau (38’C) cree une petite brume. La nuit tombe et les lumieres se refletent dans l’eau. C’est assez magique.

Ahhh..... Nyiregyhaza ! ! !

Dans une cantoche de Budapest, on tombe sur la programmation du "Happy art fesztival" avec a l’affiche Romano Drom et Kocani Orkestar, des groupes que l’on avait vus au Paleo festival en Suisse. Les dates tombent bien, seulement ce n’est pas a Budapest mais a Nyiregyhaza ! On pensait rallier la Roumanie en passant par Debrecen, mais comme ca ne merite visiblement pas le detour, un petit crochet plus au nord avec de la musique a la cle, ca nous convient.

Apres avoir traverse la region d’Eger, tres agreable, il faut s’attaquer a la grande plaine de Hongrie... rien que le nom nous rebute. Alors autant y aller d’un coup. On fait notre plus longue etape, 127 km, en grande parite contre le vent, pour atteindre Nyiregyhaza sous la pluie. Le camping est encore a 5 km, loin du centre ville ou se deroule le festival.

Alors que les gens s’approchent de la scene, sous leur parapluie, on decide de demander, d’abord aux organisateurs, puis a quelqu’un "a la mine sympathique", ou on peut dormir ce soir, sachant qu’on a juste besoin d’un toit ... on a les matelas et tout le reste. C’est la qu’on s’adresse a Andi et son frere Ati, qui attendent le debut du concert. Andi parle anglais... waouh !!! On ne sait pas trop comment ca s’est goupille, mais il y a eu des coups de fil en hongrois, et au final le pere, Attila, arrive et nous propose de dormir dans leur garage apres le concert. Il est presque gene de n’avoir que ca a nous proposer. Nous, on n’en demande pas plus. Apres le concert de musique juive, Attila nous guide sous une pluie battante jusque chez eux. Il nous ouvre le garage, nous tend un fil pour faire secher nos affaires, etale de grands cartons par terre et nous fait signe de monter prendre une douche chaude. Eva, la mere, a meme prepare a manger pour tout le monde, et un petit verre de palinka finira de nous rechauffer. Comme Andi parle bien anglais, on peut bien discuter. Au fil de la conversation, on parle de danse traditionnelle... Avec son frere, ils en font depuis des annees ! Ils nous font une demonstration dans leur salon, en toute simplicite. C’est fabuleux, on a la banane tous les deux.

Grace a eux on restera deux jours a Nyiregyhaza. On verra 2 autres soirees de concert avec notamment Romano Drom et Toumani Diabate, et surtout on verra danser Ati avec son groupe de danse traditionnelle dans le cadre d’un village-musee. Ils nous font partager un beau moment en nous invitant ensuite a danser avec eux. Pendant deux jours, nous sommes choyes et ils nous invitent a faire "comme a la maison". On se sent tellement bien et ils sont tellement curieux et ouverts que ce n’est pas difficile d’y arriver. Grace a Andi, nous rencontrons un journaliste qui va ecrire un article sur nous et notre voyage. Elle fait la traduction. Il est tres enthousiaste et sympathique. On passe un bon moment a discuter avec lui a la terrasse d’un cafe.

On resterait bien plus longtemps mais il faut bien reprendre la route... C’est avec les sandwichs d’Eva et une bouteille de Tokaj qu’on reprend nos velos... mais on a la gorge nouee. On a du mal a les quitter. On espere bien les accueillir un jour, a notre tour, en Auvergne.

Signes particuliers

  • le forint (1 euro = 250 forints)
  • les petites fontaines bleues un peu partout, c’est praktisch !
  • les vieilles voitures : Traban, Skoda, Lada, Wartburg, Fiat 650...
  • une bonne signalisation routiere
  • beaucoup de korut (pistes cyclables)
  • les wc a fond plat qui ont le merite d’alimenter nos conversations
  • le royaume des bains de pieds : lacs et bains thermaux, piscines
  • beaucoup de drapeaux hongrois sur les facades des maisons
  • les noms de ville a rallonge (jusqu’a 20 lettres) et imprononcables
  • la nourriture panee, de la viande aux boulettes de legumes en passant par le camembert
  • les chevaux et les centres equestres. Les Magyars etaient reputes pour leurs talents de cavaliers
  • LA petite douceur hongroise : les Pottyos, a base de fromage frais, entoure de chocolat (voir photo)
  • pas de frime, pas de mode : le hongrois porte bien la petite moustache et fait ce qu’il veut avec ses habits (avec ses cheveux aussi)

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