L'Asie en Danseuse

Présentation

Slovénie : la nature préservée (du 11 au 20 aout 2007)

AU PAYS DE HEIDI

C’est sous la pluie que nous abordons la Slovénie, mais ça ne sera que passager. Le dépaysement est total ; apres plusieurs jours dans la plaine du Po nous commençons par 10 km de côte avec des dénivelés impressionnants. Partout on trouve du raisin, des figues, des pommes, des prunes, des poires et on ne se prive pas ! Les barres de céréales c’est bien bon mais une bonne figue bien mure chipée sur le bord de la route, ça a une toute autre saveur. Nous en profiterons sur tout le parcours en Slovénie.

Kanal est la premiere "ville" que nous traversons. C’est dimanche et il y a des animations. Le concours de plongeon dans la Soča retient notre attention. De 7 á 77 ans les participants effectuent sauts de l’ange et autres saltos dans cette eau limpide. Apres chaque plongeon, une sorte de Jacques Martin demande au jury de sortir ses plaquettes. Bon dimanche, sous les applaudissements du public ! Ensuite une tres belle route surplombant la riviere nous mene de Tolmin á Kobarid. Les paysages sont déjá tres beaux, mais on n’a encore rien vu !

En Italie, on arrivait encore á articuler 2 ou 3 mots mais lá, on se fait comprendre par les gestes. A Svino, Kristina nous invite dans son jardin malgré les interdictions en vigueur en Slovénie (dans les zones touristiques et les parcs nationaux, il est formellement interdit de camper meme dans une propriété privée), mais notre tente est discrete et nous cachons les vélos sous le préau. Meme si la communication est limitée, elle se montre curieuse et ses sourires font le reste.

Plus on s’approche du Triglav (LE point culminant de la Slovénie), plus les paysages nous fascinent et plus l’eau de la Soča est transparente. Mais cela se mérite car les pentes s’inclinent progressivement. Il faut faire 9 km á 14% pour atteindre le col de Vršič. Un cycliste allemand a meme franchi une "fucking hill" á la frontiere autrichienne á 18% pour venir jusqu’ici. De l’autre coté du col, nous sommes proches de l’Autriche. Les balcons sont fleuris, les jardins et pelouses soigneusement taillés. L’accueil est plutôt froid ; les gens que l’on rencontre sont courtois mais distants. Ça ressemble au pays de Heidi et on s’attend á tout moment á la voir sortir du jardin de son grand-pere. D’ailleurs, elle sortira d’une maison oú on demande de l’eau. J’vous jure ! Pour atteindre Bled on en prend encore plein les yeux en empruntant les routes secondaires pas toujours goudronnées. En ce jour du 15 aoűt, les rives du lac sont bondées. Mais on ne résiste pas á une baignade dans ses eaux bleues. En plus elle est bonne !

UNE BELLE SERIE DE RENCONTRES

A l’approche de Ljubljana, on fait une rencontre incroyable. Miloš et son frere sont dans leur jardin. Ce sont les premiers á qui on demande un endroit pour planter la tente. Ils nous proposent immédiatement de nous installer. On passe toute la soirée avec Miloš á parler de son passé et de celui du pays, en regardant ses vieilles photos, et en buvant des canons. Le lendemain, sa belle soeur vient nous dire au revoir. La veille, au téléphone, sa fille Tadeja lui a parlé d’une de ses amies qui connait deux français voyageant á vélo en Slovénie. Et ben c’est nous, puisque l’amie en question n’est autre qu’Agnes, qui a travaillé un an á l’école française de Ljubljana. C’est dingue non ! On retrouve Tadeja pour le café.

Au camping de Ljubljana on est dans un autre monde. Au bord de la piscine chauffée, une Davina en short moulant fait une leçon "d’aquagym" en commençant par un retentissant "hello sunshine" ! A défaut de nous entrainer dans sa leçon, elle nous permettra d’apprendre á compter jusqu’á 10 : ena, dva, tri, štiri, pet ... Puis on retrouve la campagne slovene en prenant la route pour la Hongrie. Au bout d’une piste au milieu de nulle part, on est accueilli pres d’une auberge par Andreja qui nous offre une douche chaude. Les jours suivants, on parcourt les collines par des routes escarpées, et on fera la connaissance d’un couple de trentenaire, Andreja et Mattej, avec lesquels on discute longuement en anglais. Ils nous apprennent beaucoup de choses sur la Slovénie et sur leur mode de vie. A Tomaž, c’est Rade (LouiS de FuneS) qui nous invite chez lui, nous offre á manger et nous fait rire toute la soirée en mélangeant italien, allemand et français, et en évoquant les acteurs français qu’il connait... Il est conscient de sa ressemblance avec Louis de Funes et en joue pour nous amuser.

UNE CERTAINE NOSTALGIE

Les discussions que nous avons pu avoir avec Miloš (74 ans), Rade (69 ans) et Andreja et Mattej (30 ans) au sujet de l’évolution du pays et du mode de vie avaient touours un aspect nostalgique. Ils semblent d’accord pour dire que sous le régime yougoslave, le niveau de vie était peu élevé, on ne pouvait acheter que des produits yougoslaves, le choix était limité. Il fallait par exemple payer sa voiture á l’avance et parfois attendre plusieurs années avant de l’obtenir. Il fallait se lever tôt car on travaillait de 6h á 14h. Aujourd’hui les horaires ont changé (9h-12h, 14h-18h) alors on n’a plus le temps de s’occuper de ses enfants et de sa petite exploitation. Celle-ci reste souvent indispensable car les prix sont élevés. Quelques pieds de tomates, de vignes, de haricots, de poivrons, etc ... permettent á chaque famille de se nourrir á plus faible coűt. La politique actuelle est de favoriser cultures et élevages intensifs au détriment de la qualité des produits.

L’état permettait á chacun d’etre propriétaire de sa maison moyennant une aide mutuelle pour les travaux. La maison abritait toute la famille et la solidarité entre voisins était nécessaire. Maintenant les familles sont éclatées et il est tres difficile de devenir propriétaire. Seuls les plus riches peuvent se le permettre facilement. Depuis quelques années, vous pouvez acheter ce que vous voulez, mais vous n’en avez souvent pas les moyens. Avec un salaire minimum de 500€ environ, la liberté de choix n’est en fait qu’une source de frustration, sachant que les prix (essence, supermarchés "Mercator" ... ) ne sont que faiblement inférieurs á ceux de la France et de l’Italie.

SIGNES PARTICULIERS

  • Ljubljana, une petite capitale, peu de grosses agglomérations et un mode de vie encore bien rural
  • la plupart des Slovenes savent parler anglais, c’est bien pratique !
  • les vendeurs de tondeuses ou de rotofils ont du faire fortune...
  • les routes ne contournent pas vraiment les obstacles : peu de virages et de gros dénivelés (jusqu’á 25%)
  • les conducteurs nerveux aiment á faire crisser les pneus
  • au resto, on peut manger á toute heure
  • qui n’a pas gravi le Triglav jusqu’au sommet n’est pas un véritable Slovene
  • chaque village a son Mercator
  • il est difficile de trouver de l’eau, il y a peu de fontaines publiques
  • les routes secondaires ne sont pas touours goudronnées
  • á chaque quart d’heure, les cloches des églises sonnent comme des malades !

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